Nathalie Levy

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« La solidarité familiale est évidente pour nous, tout comme elle est manifeste chez les sémites ou parmi les originaires d’Afrique ou d’Asie»

Depuis la sortie de son premier ouvrage “Courage au cœur et sac au dos”, en septembre dernier, la journaliste française, Nathalie Levy fait le buzz dans tous les médias de l’hexagone. Son livre est un témoignage touchant sur sa grand-mère, qu’elle a toujours refusé de placer en maison, et nous dévoile le rôle d’aimant-aidant qu’elle endosse depuis des années. C’est aussi une réflexion sur la transmission, les liens familiaux et la solidarité. Entretien.

Futé Magazine : Pendant dix ans, vous êtes entrée tous les soirs chez de nombreux Français via BFMTV et Europe 1. Ce que les téléspectateurs, les auditeurs et ses confrères ignorent, c’est qu’avant d’aller travailler, vous vous rendez chez votre grand-mère, Rosine, quasi centenaire, endossant le costume d’aidant afin de la maintenir à son domicile. Pourquoi avez-vous décidé de le raconter dans ce livre ?

Nathalie Levy : Le premier objectif de mon livre est d’inscrire ma grand-mère dans une forme d’éternité. Je ne voulais rien oublier d’elle. Vivant une relation si fusionnelle et atypique, le matin avec elle, le soir à la télé, je me suis demandé s’il n’était pas intéressant d’aller sur une thématique plus universelle, d’élargir à ces aidants qui sont des êtres invisibles, Ils sont plus de 8 millions en France, ils sont partout mais n’existent pas.

FM : Parlez-nous de votre grand-mère Rosine ? De son histoire ?
N.L. : Ma grand-mère, Rosine, est une matriarche juive d’ «Alger la blanche». Elle s’est retrouvée veuve à 29 ans avec deux petites filles de 3 ans et 6 mois. Très vite, elle a dû quitter l’Algérie pour la France avec ses enfants sous le bras. A partir de là, une histoire de femmes et une entraide féminine importante se sont mises en place. Rosine a toujours été très entourée, par ses deux filles d’abord, puis par ses petits-enfants, dont je suis l’aînée. J’ai toujours entretenu une relation particulière avec elle, bien avant qu’elle ne soit dépendante. J’allais la chercher, après mes cours, et plus tard, après le boulot, pour aller se balader, faire des courses. Au fil du temps, les rôles se sont élargis aux tâches quotidiennes. Un dispositif assez naturel mais aussi bien mécanisé, s’est mis en place, une sorte de règle de trois indispensable dans laquelle on se relaie ma mère, ma tante et moi. La piété filiale est évidente pour nous toutes, tout comme elle est manifeste dans beaucoup de familles sémites mais aussi originaires d’Afrique ou d’Asie.

FM : Dans votre livre vous évoquez votre carrière de journaliste, suivie de très près par votre grand-mère, avec un passage en Israël, quel souvenir en gardez-vous ?

N.L. : Israël est un pays qui est cher à ma famille et à ma grand-mère qui malheureusement n’a jamais pu faire le voyage. Mais j’ai beaucoup partagé avec elle tout ce que j’y ai vécu lors de mes différents séjours, et notamment mon expérience professionnelle à la Radio Publique israélienne Kol Israel, à la fin des années 90. Une vraie rencontre avec un pays si intense dans lequel je reviens très souvent.

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