Le paradoxe du système de l’éducation en Israël

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Education du tiers monde mais Start-Up Nation, Israël pays du paradoxe. Encore un des paradoxes de ce pays incroyable qu’est Israël. Alors que l’état d’Israël est considéré comme un des pays les plus avancés dans le domaine de la Haute Technologie au point d’être nommé, par ses pairs et sans conteste, la Startup-Nation, Israël remporte aussi une autre distinction, celle-ci bien moins reluisante ; la médiocrité de son éducation selon l’OCDE. Le professeur Dan Ben-David, président de la « Shoresh Institution for Socio Economic Research » déclare : “La moitié des enfants en Israël reçoivent ce qui est essentiellement une éducation du tiers-monde et ils appartiennent aux parties de la population qui connaissent la plus forte croissance. Ce qui en fait d’ailleurs un des facteurs de la vie chère en Israël. En effet, associer une importante croissance démographique notamment dans le secteur religieux à moins de productivité (ayant pour cause une éducation rudimentaire) est le résultat et la flambée des prix. Ajoutons pour clore ce chapitre, qu’un autre facteur à cette flambée en Israël est la complaisance des consommateurs à l’égard des fournisseurs, Alex Coman, spécialiste en économie à « l’Adelson School of Entrepreneurship » du centre interdisciplinaire israélien de Herzliya, a déclaré que Tel Aviv est chère en raison d’un problème d’offre et de demande. En raison de la taille réduite du marché israélien, la concurrence est bien moindre et plusieurs monopoles contrôlent les prix d’un large éventail de biens de consommation. La demande n’est pas compétitive parce que les Israéliens sont complaisants. … Ils ne font pas le tour du marché”. À présent revenons au paradoxe évoqué en préambule : comment expliquer d’un côté que l’état d’Israël soit si mal noté en terme d’éducation et d’un autre côté l’excellence de ces écoles telles que le Technion de Haïfa ou l’université de Jérusalem ? Le plus simple est de poser les bonnes questions aux bonnes personnes. Selon Muriel Touaty ex directrice générale du Technion de Haïfa, tout est une question de soft skills autrement dit, la façon dont on appréhende le savoir et la connaissance. Les soft skills désignent des compétences comportementales, le plus souvent acquises en dehors de la sphère scolaire ou universitaire. Ainsi pour elle, le paradoxe évoqué n’en est pas un en réalité.

Claudine Douillet : Pensez-vous, dans ce cas, que n’importe quel élève issu d’une école publique en Israël peut accéder au Technion ou à l’Université de Jérusalem ?

Muriel Touaty : Absolument. Son éducation, sa mise en situation et sa capacité à développer sa curiosité, sa liberté de pensée qui génère sa créativité. Et puis sa motivation pour se dépasser, ce qui est me semble-t’il est intrinsèque à la culture/société israélienne. Tout est autorisé, il suffit de prendre le ‘risque’ de devenir…

C. D : Le risque de devenir ? Si je comprends “vous” n’intégrez pas forcément un premier de la classe ?

M. T : Ça dépend ce que vous appelez un premier de la classe. Pour nous, un premier de la classe, est celui qui réussit à équilibrer les compétences ‘dures’ avec les compétences ‘douces’ (soft skills). C’est l’alchimie magique pour être un Entreprenant, tout d’abord de sa propre existence, un artisan de sa vie afin de devenir un véritable entrepreneur dans la vie.
Le maître mot en Israël est entreprenant, la capacité à entreprendre. En d’autres termes, si vous savez entreprendre alors les compétences que vous aurez acquises vous aideront à devenir.

Je me risque à une dernière question

C. D : Dès lors, peut-on dire, à fortiori, que cette éducation jugée du tiers monde est une chance pour les grandes écoles ?

M. T : Pour moi oui, car c’est déjà une volonté de se hisser, d’aller chercher d’autres réponses à des questions qui ne sont parfois même pas posées, c’est renoncer à la facilité, à l’invitation de se contenter de ce qui est mais plutôt de ce qui peut être. Ces enfants, ces étudiants-là, sont reconnaissables et deviendront la mine d’or de l’éducation d’excellence d’Israël. Ils ne décoivent pas. Le rêve israélien existe donc bien. Si vous avez l’étoffe d’un champion vous serez remarqué. Israël est le pays de tous les possibles. Evidemment, cela ne dédouane pas le gouvernement de l’état d’Israël de ne pas revoir à la hausse le classement de son éducation, jugé du tiers monde. Tous les jeunes israéliens ne sont pas destinés à devenir des entrepreneurs, fort heureusement.
Alors pourquoi deviendraient-ils des citoyens de seconde zone ?
Pourquoi ne pas inciter à une culture gratuite, à des universités ouvertes, à donner des places d’abord aux Juifs d’Israël plutôt que d’appliquer cette discrimination positive en donnant priorité aux Arabes voulant étudier dans les universités d’Israël ?
Pourquoi ne pas proposer des formations gratuites, pour apprendre à passer les tests psychotechniques, alors qu’elles sont payantes ?
Pourquoi placer tant d’obstacles devant ceux qui ne seront peut-être pas l’élite du pays mais devront également produire pour le même pays, ils sont la chaîne indispensable et nécessaire de l’état d’Israël. Il s’agit toujours du même défi, depuis des décennies, tenter de faire passer en priorité l’éducation, devant la politique et les guerres successives. L’éducation est la solution à cette situation de précarité que l’on retrouve dans bien des couches sociales ici plus qu’ailleurs. Il s’agit de comprendre que l’essentiel, la clé de voûte du progrès d’un pays est l’éducation.

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