S’en donner à cœur joie

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S'en donner à cœur joie

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S’en donner à cœur joie

 

Dans un des chapitres de son ouvrage Ikvé Hatzon : « Le plaisir et la joie », le Rav Kook prouve que l’authentique œuvre morale et religieuse de tout être humain n’aboutit que dans un service à D.ieu exprimé dans la joie. Cela n’est pas simple, cela requiert une réelle discipline intérieure, mais, explique le Rav Kook, en ce qui concerne l’étude de la Torah, tout du moins, elle devrait se pratiquer dans une joie absolue: «L’homme ne doit étudier la Torah que lorsque son cœur y aspire pleinement». Quand nous étudions des textes sans intention réfléchie et sans bienveillance, une impression de refus intime nous envahit, sentiment qui tente de nous inciter au renoncement total de l’étude de la Torah. Pourtant il nous faut concéder qu’il est très naturel de ressentir une joie réelle lorsque nous nous retrouvons face à nos sources.  Les écrits de la Torah sont si abondants, et les styles si diversifiés, que chacun d’entre nous y trouve toute latitude pour une nouvelle envolée constamment reproduite vers un profond contentement. Il est donc une sensible adéquation entre ces deux pôles lorsque nous étudions la Torah; nous pénétrons à l’intérieur de notre âme, nous pourrions même connaître la Torah sans jamais l’avoir ouïe, si seulement nous pouvions être à l’écoute du chant de notre âme.

Assurément pour accéder à ce niveau, il existe une condition sine qua none: disposer d’une grande authenticité d’esprit et d’une éthique à toute épreuve.  Il est absolument essentiel que la conscience soit dégagée de toutes les scories étrangères qui contrecarrent l’émergence de notre lumière intérieure. Peut-il exister quelque chose de plus heureux et de plus réjouissant pour l’être humain que son paysage dévoilé? La vie entière de tout homme n’est-elle pas finalement tendue et orientée vers cette recherche permanente de soi-même?

Mais les humains sont devenus sévères! Dans leur rigidité, comment peuvent-ils apprécier les sentiments trempés et les émois forts que propose la joie?

Comment savent-ils palper leur cœur battant et éprouver l’envol de leur âme ?

La dureté des hommes a ôté de leur existence la connaissance, la grâce, l’altruisme, l’harmonie, les vertus morales et surtout l’amour ! Pourquoi y a-t-il tant d’hostilité, de forfaiture, de brutalité et tant d’autres souffrances ?

La haine omniprésente n’octroie rien à l’amour qui se voit ainsi empêché de pénétrer les âmes des hommes, et lorsque l’amour manque, la foi en notre D.ieu manque aussi, car notre D.ieu est amour.

La joie souffre parce que l’amour et la foi se réfugient et s’engloutissent sous le voile de l’absence d’humanité, dans ce cas, les idéaux ne peuvent pas exister. Sur ce terroir infécond l’amour ne peut pas engendrer et la sagesse ne peut guère se développer.

La tristesse est une souffrance, la joie, dans sa réponse, en est un soulagement.

Les hommes ont peur de nous montrer ce qu’ils ressentent, ils s’effrayent que leurs prochains découvrent leur sensibilité inexistante !  Peu d’hommes sont sensibles, c’est la minorité.  La plupart sont indifférents, c’est la majorité.  C’est la minorité qui fait le monde meilleur, jamais la masse, jamais la foule, jamais le troupeau !

Un instrument de musique d’où sort une mélodie merveilleuse ou bien une peinture d’où sort une image magnifique « parlent » dans notre âme avec leur propre langage. Peu d’êtres humains comprennent le langage de l’âme, c’est la minorité.  La plupart ne peuvent pas et ne réussissent pas à communiquer et à s’entendre, c’est la majorité.  Le langage de l’âme est la source de la profondeur et de l’essence de la vie, son manque perdure dans le superficiel et l’éphémère. Comme le disent nos Sages, la Torah établit un “Joug”, dans la mesure où elle évite toute corruption de l’âme et tout libertinage de l’être. Certes, elle nous fait pénétrer dans un monde de rigueur morale, mais elle est également le passe-partout qui nous découvre un monde de joie et de bonheur authentiques!

La contrariété intérieure qu’il peut parfois nous arriver d’éprouver dans l’accomplissement des commandements, ne témoigne en rien d’un défaut inhérent à notre âme ou d’une hétérogénéité foncière entre l’homme d’Israël et la Torah : c’est tout simplement une étape dans un nécessaire apprentissage, lequel exige une certaine dose de patience de la part de chaque individu.

C’est de cette même patience dont nous devons aussi nous armer, en ce qui concerne le retour du peuple d’Israël vers sa Torah.

Or cet effort n’est en rien contradictoire avec la joie et le bonheur ; la paresse n’étant quant à elle qu’assez rarement synonyme de bonheur. La pratique de la Torah nécessite, il est vrai, une mobilisation générale de toute la personnalité de l’être, mais elle lui procure aussi une joie profonde – celle d’avoir réussi son œuvre.

Et cette joie-là n’est pas passagère: une expérience permanente de plénitude et de bonheur traverse continuellement l’âme.

 

Rony Akrich

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