Roch Hachana Le jour du jugement

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Roch Hachana est le jour du jugement pour tous les habitants de la terre. Ce jour-là, l’homme est jugé pour tout ce qu’il a fait au cours de l’année. Tout ce qui lui arrivera dans l’année qui commence est alors decidé par le Juge Suprême. Le jour du jugement a été fixé à Roch Hachana pour deux motifs : La création fut achevée à Roch Hachana ; c’est en ce jour que D-ieu décida de diriger le monde par l’attribut de justice. Le second motif: c’est en ce jour qu’Adam fut jugé et pardonné. D-ieu dit alors “que ce soit un signe pour tes enfants, de la même manière que toi tu as été jugé et pardonné en ce jour, eux aussi seront jugés et pardonnés.” A Roch Hachana D-ieu pèse les fautes et les mérites de chaque homme et décide en conséquence de ce qu’il lui destine dans l’année nouvelle. Mais le jour de sa mort, D-ieu le jugera sur sa vie terrestre et fixera la part qui lui revient dans le monde à venir. Le jugement de Roch Hachana ne concerne que la vie terrestre: il sera décidé en ce jour si, dans l’année qui commence, l’homme mérite de vivre en paix et de réussir dans ses entreprises, ou si ce sera pour lui une année d’épreuves douloureuses ; s’il sera en bonne santé, s’il méritera d’avoir un enfant, ainsi que la somme exacte (au centime près) de ce qu’il va gagner durant l’année.
Tout se passe comme si, à Roch Hachana, é­­­tait “conçue” l’année à venir. Le temps est comme une plante. L’année ne fait que détailler, développer la graine qui naît à Roch Hachana et qui va pousser l’année durant. On pourrait dire, au sens informatique du terme, qu’à Roch Hachana, c’est le “programme” de l’année qui est conçu, mis en mémoire; les trois cent soixante-quatre autres jours de l’année ne font plus qu’appliquer ce programme. Roch Hachana est en quelque sorte un “jour-cerveau”. Le temps est aussi comme le corps: il obéit au cerveau qui est situé dans la tête (Roch). C’est bien pourquoi Roch Hachana (tête de l’année) porte ce nom de tête; cerveau ou programme de l’année.
Toute naissance est accouchement. C’est ce qui se passe également à Roch Hachana, qui est appelé “jour de l’accouchement du monde”.
Le son du “chofar” (corne de bélier, dans laquelle nous soufflons) ressemble aux cris de la femme en travail. C’est ce cri qui nous annonce l’enfantement d’un monde nouveau.
Le son du chofar exprime une double pureté: celle du cœur humain et celle de la volonté divine. Le chofar est une voix simple, qui provient du souffle du coeur. C’est le son premier, inarticulé, qui nous renvoie au monde d’avant la parole…
Le son du chofar est, dans sa simplicité absolue, une voix pure, une “voix céleste”; ce son est l’expression la plus archaïque, la plus fondamentale de la personne humaine: un pur vagissement de l’âme. Il procède de ce tréfonds que nous cherchons à atteindre pendant les dix jours de la “Techouva”. Le chofar était aussi utilisé lorsque Israël partait en guerre; à Roch Hachana également, nous partons “en guerre” contre notre “yetser hara” (mauvais penchant). Or, comme nous le savons, il n’est guère aisé de remporter cette campagne. A Roch Hachana, I’homme doit tenter de retrouver sa nature profonde et il lui faut aussi entamer un combat. C’est alors que le chofar l’aide à rencontrer et à saisir son intériorité.
Ce son pur fait passer D-ieu de son trône de jugement à celui de miséricorde quand Israël se montre disposé à accepter l’impact perturbateur du son du chofar aux tonalités saccadées, comme le son d’une alarme destinée à nous réveiller de notre hébétude coutumière.
Elle nous offre une occasion irremplaçable
de réfléchir sérieusement sur nous-mêmes, d’entreprendre de changer de mode de vie et de tout sacrifier à D-ieu.
Changer ! N’est-il pas le maître-mot de la fête ? N’oublions pas qu’en hébreu “chana” (année) est proche du verbe “lechanot” (changer) tout comme “yashan” (ancien) l’est de” yachan” (dormir) d’où l’idée que pour sortir de “l’ancienne” année, il nous faut aussi sortir de notre “sommeil”.
Cette sonnerie implique une sérieuse mise en garde: ce qu’il faut changer c’est moins le passé que le futur ! On se doit de vivre autrement.
Si D-ieu renouvelle notre vie, ce n’est certes pas pour que nous lui préparions une copie conforme de l’année que nous venons d’achever.
Roch Hachana est donc le moment où nous essayons de changer le monde en changeant d’année. Mais cette démarche exige également un changement en chacun de nous.

Basé sur : Éphémérides de l’année juive du Rav Eliahou Ki Tov. Le chandelier d’or de Josy Eisenberg et Adin Steinsaltz. Mi’htav Me-Eliahou du Rav Dessler. Fleur de feu du Rav Chlomo Aviner.

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