Protection des Juifs de France : les chiffres de Sentinelle !

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La protection de la communauté juive de France est au cœur d’un dialogue compliqué entre les Préfectures et les responsables militaires de l’opération Sentinelle. Le sujet est politiquement très sensible et tout le monde marche sur des œufs… en essayant de faire le moins de bruit possible. D’autant que les familles juives sont très attachées à ce dispositif dans lequel elles voient une marque de soutien des pouvoirs publics.
Appelés en urgence au lendemain des attentats de janvier 2015, les militaires veulent, depuis des mois, en finir avec les gardes statiques devant les lieux qu’ils protègent. Les emprises de la communauté juive sont les plus nombreuses : des synagogues et des écoles, pour l’essentiel, mais aussi quelques crèches par exemple. Selon les chiffres de janvier 2016, 345 lieux sont concernés en Ile-de-France, dont 140 à Paris intra-muros et 142 dans la petite couronne (92, 93, 94). Beaucoup sont concentrés dans les mêmes quartiers. Ainsi, plus du tiers des sites parisiens sont situés dans les 19e et 20e arrondissements ; dans le Val-de-Marne, la seule ville de Créteil abrite 13 des 55 “sites à protéger”. Discrètement, l’autorité militaire – en l’occurrence le Gouverneur militaire de Paris (GMP) – a entrepris de discuter avec les responsables de la communauté juive pour faire évoluer le dispositif, qui mobilise environ 6.000 militaires en Ile-de-France.
L’armée de Terre critique les gardes statiques pour des raisons opérationnelles : “fixés” sur place, les militaires offrent des cibles faciles, alors qu’ils se privent de l’effet de surprise de patrouilles mobiles dans une logique de “contrôle de zone”. Par ailleurs, utiliser des soldats professionnels, formés à grands frais, pour des missions relevant quasiment du gardiennage, est un gaspillage de moyens. Qui plus est, ces missions ne sont guère appréciées par la troupe et le moral s’en ressent.
L’armée de Terre souhaite donc évoluer vers un modèle plus “dynamique” ou “demi-statique”. L’idée est de créer des “îlots de sécurité renforcée” (ISR) au sein desquels les militaires évoluent entre différents sites à protéger, élargissant du même coup la zone qu’ils surveillent. Il s’agit de “patrouilles portées avec débarquements réguliers”, un mixte de déplacement en véhicules et de patrouilles à pied et de gardes statiques. Une quinzaine d’ISR a été en mis en place le mois dernier, après une première expérimentation à Sarcelles (95) dès février.
Sans enthousiasme, la communauté juive a “pris acte” de cette évolution, assure une source militaire. Un dialogue existe avec le très discret SPCJ, le Service de protection de la communauté juive, qui assure la sécurité à l’intérieur des bâtiments. Ces évolutions pourraient être remises en cause en cas de nouvelle attaque terroriste contre un site juif, constatent les acteurs du dossier, qui redoutent sa “politisation”.
A l’heure où beaucoup mettent en question la légitimité de Sentinelle, à cette même heure où deux cousines sont poignardées à Marseille (et où ce sont des Sentinelles qui ont abattu le terroriste), n’oublions jamais que la France de 2017 reste un Etat qui protège ses Juifs. Et si certains pensent que ce n’est pas assez, qu’ils aillent chercher le nombre de Sentinelles qui protègent les lieux chrétiens… L’assassinat du père Hamel prouve qu’eux aussi mériteraient plus d’attention !

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