Pax Americana ?

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Les États Unis ont présenté au début de l’année 2020 le plan de paix censé stabiliser la situation entre Israël et la Cisjordanie et la Bande de Gaza.
Les tenants et aboutissants de ce plan
D’une manière générale, l’orientation pro-israélienne du plan est incontestable. L’état Hébreux voit son territoire s’accroître, et notamment ses possessions en Cisjordanie. Par ailleurs, l’objectif du plan semble être la création d’un État palestinien, reliant les entités gazaouis et cisjordaniennes. Le texte insiste sur l’économie et l’ouverture progressive de la potentielle Palestine aux échanges internationaux. En substance, l’analyse américaine est simple : aucune forme d’équilibre ne peut être atteint entre les deux parties, il faut donc admettre la supériorité israélienne sur l’aspect territorial et géographique, et amorcer le développement économique de la bande de Gaza et de la Cisjordanie. Il convient d’ajouter que ce plan s’intègre dans la dynamique établie par le plan Kushner de 2019, prévoyant près de 50 milliards de dollars d’investissement dans les territoires palestiniens.
Quels avantages pour les palestiniens ?
Comme toute décision geostrategique, la mise en place du plan de paix (prévue pour après l’élection du mois de mars) est avant tout un pari sur l’avenir : la prospérité qu’obtiendront les palestiniens leur enlèvera l’envie de guerroyer pour leurs territoires perdus. C’est une manière de contraindre les palestiniens à choisir entre l’économie et le politique.
Néanmoins, et même sur l’aspect économique, la bande de Gaza ne sort pas complètement indemne du deal. En effet, Gaza offre sur la Méditerranée une ouverture commerciale très avantageuse. Mais, sa situation économique est déplorable et les dirigeants du Hamas ne souhaitent pas nécessairement partager cet atout économique avec leurs compères cisjordaniens… Ce dilemme économique, pas forcément insurmontable, explique les réactions du Hamas, tandis que la perte de territoires de la Cisjordanie explique la réaction d’Abbas.
Les masques tombent !
Sur la scène internationale, ce plan a le mérite de faire tomber les masques. Les saoudiens confirment leur orientation israélienne en dépit de leur présence au sein de la Ligue Arabe, qui, elle, condamne ce plan. Bahreïn et Oman semblent recevoir le plan avec une certaine attention. Évidemment, la Turquie et l’Iran tirent la sonnette d’alarme, blamant les pays arabes de ce qu’ils considèrent être une trahison. Ils ne font que s’insurger d’une évidente réalité : les pays qui soutiennent les États-Unis dans ce plan ne sont tout simplement pas solidaires des palestiniens. Ils regardent leur intérêt et l’intérêt de leur peuple, principe fondateur de toute bonne politique étrangère.
La couverture médiatique ?
Les réactions en Occident sont très critiques à l’égard de ce plan. Mais, surtout, elles ne sont pas très importantes. L’heure où les occidentaux s’immiscaient dans ce conflit est bien loin. Les français gèrent leurs trop nombreux problèmes, les allemands regardent avec attention le retour de l’extrême droite, et l’Europe est plus attentive à ce qui se passe de l’autre côté de la Manche…
En guise de conclusion, ce plan est un pari sur l’avenir et sur les bienfaits de l’intégration dans l’économie-monde. Les règles du jeu sont nettement en faveur des israéliens. Toutefois, Les palestiniens, s’ils s’en sortent bien, peuvent bénéficier de cette solution qui, en dépit des réactions internationales, est la seule qui leur est proposée. Il reste donc à voir s’ils auront l’audace de jouer leur seule carte.

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