MISE AU POINT

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Escalade dans l’horreur…

Futé Mag: La décapitation d’Hervé Gourdel, était-elle le prélude à la décapitation d’il y a quelques jours en France ?
Jonathan-Simon Sellem : On a toujours raison d’être pessimiste dans ce genre de phénomènes puisqu’ils sont cumulatifs, s’inscrivent dans une logique de la surenchère. Les décapitations en Irak et en Syrie deviennent, c’est horrible à dire, un produit d’appel. Chacun veut faire “mieux” que son voisin. C’est le désir mimétique de l’horreur qui galvanise un certain nombre de candidats. Loin d’être révulsés par les atrocités, ils en éprouvent une véritable excitation. Reste que cette décapitation est une “première” en France. Un cran supplémentaire dans la barbarie. Il n’y a pas de retour en arrière, une fois cette étape franchie. Chaque djihadiste en herbe, derrière son ordinateur ou dans son studio, se dit qu’il doit se mettre au même niveau. Un meurtre au couteau lui apparaît comme dérisoire.
F.M. : Que vous inspire le profil du suspect ?
J.S.S.: Les services secrets français redoutent les camions bourrés d’explosifs qu’on lance sur un bâtiment mais tout autant les attentats low-cost bricolés avec les moyens du bord. Il faut toujours avoir en tête le mot d’ordre de Daech diffusé il y a un an quand la France s’est engagée dans la coalition : tuer les Français par n’importe quel moyen: couteau, pierre, fusil, automobile…
F.M. : Cet attentat est-il un acte de guerre ?
JS. Sellem C’est un acte de guerre, oui, de basse intensité pour le moment. Mon ami le député Christian Estrosi parle très justement de la 5ème colonne. Et le Premier Ministre parle d’une guerre de l’intérieur. Je crois que tout le monde est d’accord sur ce sujet…
F.M. : Comment contenir la menace ?
J.S.S.: Il n’y a plus assez de soldats, de policiers pour protéger les écoles, les synagogues, les églises… Or, tous les sites sont menacés, transports en commun, grands magasins, centres commerciaux. L’ensemble de l’espace public est désormais gangrené. Le feu peut venir de partout, y compris d’un déséquilibré dans la rue qui a décidé qu’il va gagner son paradis en vous égorgeant. La France va devoir s’adapter comme Israël et entrer dans une logique de sécurité privée.
F.M. : Les Français sont calmes…
J.S.S.: Il y a une inclination naturelle des peuples à oublier. Reste que cet attentat est une piqûre de rappel. Pourquoi, depuis le 7 janvier, n’y a-t-il pas eu de descente massive dans certaines banlieues pour tarir le trafic d’armes ?Pourquoi tolère-t-on encore l’ambiguïté des prêches ? Pourquoi ne demande-t-on pas aux imams de faire allégeance aux principes de la République, comme c’est le cas pour les rabbins, et de dire haut et fort que la loi républicaine est supérieure, dans l’espace public, à la loi divine ? Pourquoi ne refuse-t-on pas ceux qui ne prêchent pas dans notre langue ?
La France a encore une longue route devant elle…

Jonathan-Simon Sellem
est élu représentant des Français d’Israël.
Contactez le: js.sellem@conseiller-consulaire.fr

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