Michel Boujenah – Ma vie encore plus rêvée

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Charles Benguigui : Bonjour Michel Boujenah, vous allez jouer votre dernier spectacle “Ma vie encore plus rêvée” le 30 décembre 2018 à Jérusalem, le 2 janvier 2019 à Netanya et le 3 janvier 2019 à Tel Aviv, pouvez-vous nous parler un peu de votre spectacle ?

Michel Boujenah : Dans ce spectacle, je ne raconte pas ma vie au premier degré, mais j’invente une vie, par exemple, dans la ville de mon enfance, au bord de la mer, je laissais ma canne à pêche dans l’eau, les poissons sortaient de l’eau et me disaient “pêche moi, je t’en prie pêche-moi” … évidemment que ce n’est pas vrai ! Mais ça résume tout à fait mes rêves.
Quand je parle de ce petit garçon qui est resté là-bas qui n’a pas compris pourquoi tout le monde était parti, je parle de cette part de mon enfance, où vraiment quand mes parents m’ont dit on va partir, je n’ai pas compris pourquoi.
Quand je raconte ce petit garçon qui réveille son père au milieu de la nuit pour lui poser des tas de questions, ce n’est pas moi, je n’ai jamais réveillé mon père à 4 h du matin pour lui poser des questions, ce sont des personnages inventés à partir de ce que je ressens.
Je parle de tout, je parle de Tunis, de la France, de la démocratie, je parle de Marine le Pen et évidemment je parle de ma mère, ma mère au théâtre bien sûr : Simone BOUTBOUL, elle est incontournable, fondamentale, elle est la clef de toute ma vie, c’est un personnage c’est comme Cyrano pour Edmond Rostant, Jean Valjean pour Victor Hugo, c’est le personnage qui me permet de dire les choses. Ce personnage devient un personnage magnifique, cette femme est drôle, intelligente.
C’est vrai que mes spectacles sont un peu à contre courant de la mode d’aujourd’hui, l’humour immédiat, le stand-up, la blague pour la blague, moi je suis incapable de faire cela, peut être parce que je suis Juif et que j’ai besoin de travailler sur des choses plus profondes quand j’écris mes spectacles, et ça fait rire aussi, on pleure beaucoup mieux quand on a rit, et on rit beaucoup mieux quand on a pleuré et c’est vrai. Voila un aperçu du thème de mon spectacle.
C.B. : Quelle est la source de votre inspiration pour écrire ce spectacle ? Quel a été votre fil conducteur, votre mère peut-être ?

M.B. : Heu… oui et non, ma mère n’est pas comme dans mes spectacles, mais c’est sûr, elle a été la clef d’une gentillesse, je lui raconte et je vois comment elle réagit, et puis à ses copines. Elles ont été elles aussi sources de belles histoires drôles, (à Tunis, les copains et copines on les appelait Tonton, Tata, et il y en avait une particulièrement qui s’appelait Ginette, on l’appelait donc Tata Ginette, qui racontait des histoires tellement drôles, ça durait des heures, et les gens priaient pour qu’elle arrive à la chute, tellement ils riaient !!!! (rires), ce sont des souvenirs sublimes pour moi.
Mes premières inspirations, viennent de la bande de copines de ma mère. Mes parents étaient jeunes et ils passaient des fêtes ensemble incroyables, de vraies fêtes. Leurs histoires étaient des histoires vécues, et Tata Ginette racontait des histoires à mourir de rire !!! Véridiques, je les ai vécu en direct, ce n’était pas des remake que j’ai eus , j’ai eu en vrai, complètement authentique.

C.B. : Justement Michel, on connait votre amour pour Israël, c’était important pour vous de rajouter ces trois dates israéliennes dans votre tournée ?

M.B. : Oui bien sûr, j’aurais voulu aller à Ashdod aussi et cà n’a pas pu se faire. J’espère pouvoir y aller, parce que je me souviens à Ashdod des moments que j’avais passé au téléphone avec des enfants qui étaient dans les abris, vous savez au moment où à Ashdod et à Sdérot, il y avait beaucoup de roquettes qui tombaient et on avait fait une émission à Paris pour leur parler pendant qu’ils étaient dans les abris et on se parlait pour leur remonter le moral, j’ai gardé un souvenir très fort de ce moment là. Je leur racontais des histoires drôles et ils riaient. Il y avait beaucoup de garçons et un particulièrement m’a beaucoup marqué, je n’ai pas oublié.
J’ai joué un peu partout en Israêl, même dans les petites villes et bien sûr à Tel Aviv et à Jérusalem.
C.B. : Parmi votre public ici, il y a l’ancienne génération qui a vu vos spectacles en France et qui continue donc de les voir ici ! Qu’avez-vous envie de dire à ce public qui vous est fidèle depuis le tout début ?

M.B. : Evidemment je les attends, à tous ceux qui sont là, évidemment on va se faire un KIF, évidement on va se retrouver, en plus ce spectacle là, il est tellement profondément ancré dans mon judaïsme tunisien, ou dans ma culture tunisienne, voilà on va se faire plaisir de se retrouver et sans enjeu, juste pour le plaisir, c’est tellement important. Heureux de raconter mes histoires et mes anecdotes.

C.B. : Aujourd’hui, parmi le public francophone, il y a aussi la jeune génération, ces jeunes qui vous connaissent peut-être un peu moins bien ou à travers leurs parents, ceux qui grandissent ici et qui ont beaucoup moins accès à la culture française! Qu’avez-vous envie de leur dire à ces jeunes qui vont sûrement venir avec leurs parents ?

M.B. : Venez, c’est un Kif, qu’est ce que je peux leur dire ? Venez me voir, vous savez, ils ne sont pas si jeunes que ça, c’est à dire que pour nous la mémoire a un tel pouvoir dans notre histoire, que même à 14 ans, on est vieux ! Venez, eux maintenant ils connaissent Gad ELMALEH, Ary ABITAN, je suis le “Vieux” attention, celui qui me traite de vieux ! Je lui casse la gueule, oui je vais le déchirer (verbalement, bien sûr) (rires). Venez, venez me voir, venez regarder, comment est parti tout ce mouvement, en fait. Pour ce public, et principalement les gens venus s’installer en Israël, ayant quitté la France, pour des raisons multiples et variées, venez vivre un bon moment, vous évader, j’ai envie de les rendre heureux en assistant à mon spectacle et je suis ému, touché que ce public vienne me voir, on va rire ensemble, c’est mon objectif : Rendre les gens heureux!

C.B. : Avez vous reçu des critiques, lorsque vous avez décidé de venir vous produire ici en Israël ? On vous boycotte quelquefois pour vos venues en Israël ?

M.B. : Non, certainement pas, ils ne sont pas fous ils n’oseraient pas. En revanche, lorsque j’ai joué en Tunisie, il y a un an et demi, on m’a beaucoup reproché d’avoir joué en Israël et reproché d’être sioniste, il y avait beaucoup de gens qui étaient contre moi, des critiques dans les réseaux sociaux. Evidemment aussi des campagnes contre moi, mais on s’en fout ! Vous savez, je souhaite à tous les artistes d’en être là où je suis à l’âge que j’ai. (5,5,5, rires) Vous savez, aujourd’hui, ma mère fête ses 94 ans et moi dans deux jours, j’ai 66 ans, pas possible , ce n’est pas vrai, je ne le crois pas (rires), vous ne me croyez pas, et bien croyez moi, moi non plus je ne le crois pas, mais quand je me lève le matin, mon corps lui, il le croit (rires).

C.B. : Vous faites attention à votre santé très cher Michel ?

M.B. : Oui, très cher Charles, je fais très attention, maintenant je pratique ce que font aujourd’hui les Israéliens : la marche je fais comme eux, je marche, d’ailleurs aujourd’hui les Israéliens ne courent plus, ils marchent. Je fais du sport, je fais attention à ce que je mange aussi, pour un tunisien, c’est dur ! Je suis du profil Boulettes ! (rires).

C.B. : Parlons un peu de vos enfants : Ont-ils hérité de votre humour ?

M.B. : Je ne sais pas, mon fils, lui qui a 20 ans, est fasciné par la lumière et fait une école de chef opérateur. Vous savez, il est venu tout seul en Israël et a été fasciné par ce pays, surtout qu’il était dans le cadre de Taglit pendant 15 jours et qu’il est rentré différent, ému, ça l’a beaucoup marqué. Ma fille, elle, rigole beaucoup de mes histoires, elle passe son bac, elle verra après.

C.B. : Vous aimez Israël et vous le dites, justement existe-il un endroit, un lieu incontournable quand vous venez en tournée ?

M.B. : Yafo, oui Yafo, sachez aussi que ce n’est pas seulement pour les tournées que je viens en Israël, je viens aussi pour allez rendre visite au Magen David Adom que je soutiens et que j’admire pour leurs actions.

C.B. : Merci Michel pour cette fierté que vous avez pour Eretz Israël.

M.B. : Merci Charles, moi aussi je suis très fier de vous en Israël, hâte de vous retrouver…

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