L’ETAT ISLAMIQUE OU “DAESH”

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L'ETAT ISLAMIQUE OU "DAESH"
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L’ETAT ISLAMIQUE OU “DAESH”

 

Alors que différents états s’apprêtent à une opération offensive d’envergure pour contenir le groupe armé dit de ‘’l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant’’ à présent plus connu sous le patronyme d’ “EIIL” ou par son acronyme en langue arabe “Daesh”, la question centrale de l’origine historique et du financement de ce groupe terroriste se pose à la communauté internationale. Étrangement, c’est dans le monde arabe que les premières inquiétudes s’étaient fait ressentir sur l’origine possible des fonds permettant la capacité opérationnelle de ce groupe armé dont de nombreux membres seraient issus géographiquement du monde occidental comme l’Europe ou même des États-Unis, ceux-ci y étant appelés à rejoindre le groupe djihadiste par différents relais.

 

Emprise territoriale…

Concrètement, l’organisation serait plus éclatée qu’il n’y paraît, le périmètre géographique d’intervention des nombreux groupuscules expliquant peut-être cet aspect. Pour comprendre, il faut déjà s’intéresser à l’origine même de la création du dit mouvement et mesurer l’ensemble des dérives liées à celui-ci. La communication du groupe est elle même diffuse, les services de renseignements sont obligés de faire force de légitime prudence pour authentifier tous les éléments présumés rattachés à l’organisation. Dans certains pays, le groupe ou ses affiliés limitent leurs actions à une forme d’emprise territoriale afin d’instaurer un État Islamique au Proche-Orient fondé sur leur interprétation de la Chariah, c’est à dire la Législation Islamique. Au niveau mondial, ses débats se heurtent à la volonté majoritaire d’un Islam modéré face à celle de différents groupes ultra-radicalisés instables et de portée inégale dans l’histoire. Aujourd’hui, de violents affrontements opposent trois coalitions rebelles à l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Les rebelles syriens se sont ainsi unis pour chasser ces djihadistes radicaux afin de reprendre le contrôle des différentes zones tenues par ces combattants mais aussi, selon les experts, pour retrouver un capital de sympathie auprès des Occidentaux qui ont suspendu leur aide.

 

Géopolitique…

Au niveau géopolitique, la zone d’influence de l’organisation de L’Etat Islamique en Irak et du Levant s’étend du nord de la Syrie, dont le quartier général présumé un temps à Raqqa et ce jusqu’au centre de l’Irak. Le conflit en Syrie a mobilisé d’autres groupuscules qui agissent dans le monde occidental, essentiellement pour capter des volontaires et enrôler des présumés-islamistes intégristes pour s’inscrire dans une démarche hasardeuse présumée en référence du Djihad. Selon différentes sources du renseignement, l’organisation profiterait de la confusion du conflit larvé en Syrie pour attirer des personnes logiquement sensibles à la cause de peuples amis, eux-mêmes premiers et donc véritables victimes de cette situation conflictuelle de la guerre en Syrie. On pensera ici à la récupération d’un conflit qui par extension s’étend à l’ensemble du Proche-Orient., l’Irak ayant les plus grandes peines à se trouver une issue constructive après les épisodes de ces différentes guerres, les attentats y sont d’autant plus fréquents, et la présence de L’EIIL et certains groupes résiduels d’Al Qaïda renforce ce climat permanent de défiance. Dans cette région, chaque espace occupé par l’effet de la guerre est systématiquement revendiqué par la galaxie de L’EIIL et consorts…

 

Les accords “Sykes Picot”…

La symbolique utilisée par les stratèges de l’organisation consiste à effacer les frontières issues du colonialisme franco-britannique lié aux accords “Sykes Picot”. Ce point est important, en effet, les accords “Sykes-Picot” sont des accords secrets signés le 16 Mai 1916 entre la France et la Grande-Bretagne avec l’accord des Russes et des Italiens, l’objectif étant de contrer les revendications Ottomanes tout en contrôlant les zones d’influences entre ces différentes puissances. Au sortir de la guerre s’est donc opéré un partage du Moyen-Orient dans un espace compris entre la mer Noire et la mer Méditerranée, la mer Rouge et la mer Caspienne. Le Moyen-Orient étant découpé en 5 Zones administrées par autant d’Etats différents qui souhaitaient pouvoir contenir et donc soutenir différents peuples Arabes sous l’arbitraire Ottoman.

 

Financement…

D’une start-up à une multinationale ! titrait l’article d’Europe1 du 17 juin 2014:

Il y a trois ans, l’Etat islamique en Irak et au Levant n’était qu’une start-up du terrorisme islamiste. Aujourd’hui, les finances de ce groupe djihadiste ont de quoi rendre jaloux des pays comme la Moldavie ou la Centrafrique.

Les services de renseignement irakiens ont récupéré une mine d’informations sur les finances de l’EIIL. Dans la cache d’Abdoulrahman al-Bilawi, un cadre du mouvement, près de 200 clés USB ont été découvertes, renfermant notamment des informations inédites sur l’état de leurs comptes. Un officiel irakien a déclaré au Guardian “Avant Mossoul, leurs liquidités et actifs s’élevait à 875 millions de dollars (646 millions d’euros). Après, grâce à l’argent dérobé dans les banques et la valeur du butin de leurs pillages, ils pourraient ajouter 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros)” a continué l’officiel. Soit 2,3 milliards de dollars (soit 1,7 milliard d’euros). Selon l”International Business Times”, l’EIIL est désormais “le groupe terroriste le plus riche” du monde.

Un vrai problème!

M. Yves BONNET, ancien directeur de la DST, suggérait déjà dans une tribune au journal ‘’Le Monde’’ en 2012,  “Il y aussi le problème de l’argent qui est alloué par des pays salafistes”. “On n’ose pas parler de l’Arabie Saoudite et du Qatar, mais il faudrait peut-être aussi que ces braves gens cessent d’alimenter de leurs fonds un certain nombre d’actions préoccupantes, déclarait-t-il. Il va falloir un jour ouvrir le dossier du Qatar, car, là, il y a un vrai problème. Et je me fiche des résultats du Paris-Saint-Germain.”

 

Guerre par procuration…

Pour s’en convaincre, un décret du Roi Abdallah d’Arabie Saoudite stipule que tout engagement dans une organisation extrémiste sera désormais passible de 5 à 30 ans de prison; démontrant au passage que de nombreux jeunes du pays sont allés gonfler les rangs de certaines organisations comme L’EIIL. Fabrice Balanche est maître de conférences à l’Université Lyon 2 et directeur du Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, dans un entretien au site d’information ‘’Atlantico’’ (France, février 2014), il devait préciser:’’La jeunesse saoudienne connaît un profond malaise, les uns sont des consommateurs en puissance qui profitent de la rente pétrolière, les autres refusent ce modèle consumériste et trouvent leur salut dans l’Islam radical. Le Jihad (la guerre sainte) en Syrie est devenu une cause mobilisatrice pour une partie d’entre elle. Cela inquiète la monarchie qui se méfie du potentiel de déstabilisation politique de cette frange de la population radicalisée qu’elle a contribué à former dans un système scolaire particulièrement réactionnaire qui produit des islamistes en puissance.’’

 

Urgence…

Après l’offensive de l’EIIL en Irak du nord qui a permis à l’organisation radicale sunnite de prendre le contrôle de la ville de Mossoul et alors que le gouvernement de Bagdad appelle les chiites irakiens à la riposte, il est intéressant de revenir sur les premières conséquences géographiques et politiques des combats. Et ce d’autant plus qu’elles peuvent provoquer une évolution surprenante des équilibres stratégiques dans la région, l’Iran ayant notamment, le 14 juin, proposé son aide aux Etats-Unis s’ils décidaient d’agir contre EIIL en Irak.

 

Retrouvez l’article complet, publié à l’origine, sur le site de Jean-Paul Burdy ‘’Question d’Orient – Questions d’Occident.’»

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