Leçon de laïcité à Caroline Fourest et de fair-play à Charles Enderlin

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Lundi 19 Juin 2017, Caroline Fourest a critiqué le député Meyer Habib pour avoir remercié le “Tout-Puissant” après sa réélection dans la 8ème circonscription des Français de l’Etranger et ce, dans un tweet lâche et assassin, je cite : “Entre les antisémites qui incitent à la haine contre les élus et les élus qui remercient le “tout-puissant”, relayé par le tweet très peu élégant de Charles Enderlin : “Habib remercie le Créateur qui l’a fait élire… Bras d’honneur à la laïcité et aux autres pays de la 8ème circonscription”. Le député UDI Meyer Habib avait déclaré dans une vidéo Facebook : “Je ne peux pas m’empêcher aujourd’hui d’abord de vous remercier et de remercier aussi le tout-puissant parce que, c’est vrai que nous sommes dans une République laïque mais moi je suis croyant”.
Alors je pose la question suivante : depuis quand la laïcité se pose-t-elle en père fouettard de la croyance des hommes ? On est ici au cœur d’un débat intense touchant toutes les sociétés modernes : ce n’est pas seulement un forum d’idées, c’est également le fondement de choix politiques et éthiques déterminants pour l’avenir de l’humanité et de notre société. Les trois pères de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, Francis de Pressensé, Aristide Briand et Jean Jaurès ont puisé l’essentiel de l’article 4 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat, dans la législation d’Etats américains et celle qui concerne l’Eglise libre d’Ecosse. Force est de convenir que, très paradoxalement, la laïcité en France n’a pu s’établir que grâce à un emprunt à des lois anglo-saxonnes ce qui, d’emblée, ouvre une brèche dans ce rempart formé par les laïcistes de l’exception française en matière de laïcité, minoritaires en Europe et dans le monde. Madame Fourest, au risque de vous déplaire en vous conseillant de retourner sur les bancs à l’école, les socialistes de l’époque avaient compris que, pour affronter et régler la question de la laïcité, il fallait commencer par faire la paix sur le plan religieux. Mais vous, vous nous resservez une guerre et vous vous trompez d’adversaire sur le plan religieux. De plus, vous faites une erreur grossière. Vous confondez, comme on le fait très souvent en France, ce qui est, au passage, l’une des causes du succès de l’islamisme, les dimensions de spiritualité ou encore de foi, concepts qui traduisent davantage la dimension intérieure de l’être dans l’expression de son besoin de croyance, avec le concept de religion. La religion s’exhibe aujourd’hui et elle est davantage présente au quotidien de manière dramatiquement violente. Mais là, on ne vous entend plus. Combien j’aurais exulté de joie en vous lisant sur l’assassinat de Mme Halimi ! Que nenni ! Opposer systématiquement le “religieux” au “laïque” relève d’une démarche intellectuelle simplificatrice voire simplète. Sans aucune contradiction majeure, l’individu peut être religieux et laïque dès lors que sont bien définis les contours des sphères religieuse et laïque. Ici, chez le député Meyer, il ne s’agit que de l’expression innocente d’une joie intense après une campagne âpre. Joie simple qui veut rallier l’Absolu dans une victoire électorale. Où voyez-vous l’outrage à la laïcité ? Comment osez-vous mettre sur le même plan antisémitisme et expression de la foi ou de la croyance. Malheureusement, après l’affaire de la Kippa et celle de l’abattage rituel, voilà que l’on s’attaque à la croyance millénaire des juifs qui ont offert le plus beau cadeau à l’humanité, je veux dire, le monothéisme. Je ne vous blâme pas, vous êtes l’une des innombrables « penseurs » du vide spirituel qui ont permis l’intrusion, dans cette faille du cœur, des dogmes du “tout politique islamiste”. Pour le coup, vous avez manqué d’originalité en retournant l’arme contre vous. Le système islamiste se défend par cet argument redoutable jeté à la face des systèmes démocratiques : La démocratie qui devrait résonner comme un “tous” signifie en fait, “un tous moins un” alors que le système théocratique imagine un pacte avec le sacré, en lieu et place du divin, ce qui est malheureusement une erreur fatale car, le sacré est la source de tous les paganismes y compris religieux, je veux dire ici et aujourd’hui le nazi-islamisme. Cet argument, apparemment redoutable pour une néophyte, est facilement démontable, notamment grâce à la force du principe de séparation des pouvoirs des systèmes démocratiques qui fait de ces derniers, les systèmes humains et juridiques les plus aboutis. Toutefois, tout cela doit toutefois enjoindre les défenseurs de la démocratie à mener une réflexion individuelle et collective sur le désintéressement politique que requiert tout engagement politique dans un système démocratique que les “cols blancs” voyous ont affaibli, confortant ainsi et finalement les nostalgiques des systèmes théocratiques. On pourrait penser, somme toute, qu’il ne s’agit uniquement d’un problème de tolérance. Mais, la tolérance est un bien vilain mot, une acceptation concédée, un consentement à contrecœur alors que la liberté d’expression et de conscience constitue la pierre angulaire, que dis-je, le cœur de la pensée laïque. Madame Fourest, il faut préférer à la tolérance le terme “d’altérité”. L’intolérant critique, polémique, brocarde, affiche et, par un curieux basculement, crée le mode de la pensée unique de la bien-pensance. Le choc des cultures débouche sur un progrès, sur un apport réciproque enrichissant pour tous les partenaires sans perte de personnalité, d’identité et de racines. Une société tolérante, c’est une société pluraliste où coexistent des hommes et des femmes de cultures, de convictions et de conceptions de vies diverses. Une société tolérante c’est une société de débats permanents, de critiques, de controverses, d’échanges et aussi d’affrontements intellectuels vigoureux. Une société laïque est celle qui permet au croyant comme à l’athée de coexister dans une espace neutre et pacifié. Cependant, le concept de “laïcité” ne peut se réduire au seul caractère de “liberté de conscience” de peur d’être l’expression d’une radicalisation de l’idée de laïcité et d’un rejet de l’expression sincère de la foi. De grâce, Caroline Fourest, laissez le député Meyer Habib exprimer la sincérité de sa croyance en bon laïque ! Ne permettez-aux ennemis de la laïcité d’interdire les fêtes de Noël dans les écoles de la Républiques, laïques ou libres.

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