Le shékel est “officiellement” la monnaie la plus forte du monde

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Les français qui sont payés en Euros (les retraités, les rentiers immobiliers et autres travailleurs pratiquant l’Alya Boeing), le savent mieux que les autres : en 15 ans, l’Euro s’est écroulé. A l’époque, il valait 6 shékels. Aujourd’hui, ce même euro ne vaut plus que 3,8 shékels. Et la baisse devrait continuer. Voilà pourquoi.
Israël a un excédent d’exportations par rapport aux importations, les investissements étrangers affluent en Israël et la croissance israélienne est forte. La question, cependant, n’est pas de savoir pourquoi le shekel est fort, mais pourquoi c’est “officiellement” la devise la plus forte du monde (le shékel s’est renforcé le plus de toutes les devises au cours des 3, 5 et 10 dernières années).
En effet, Israël affiche un excédent important du compte courant (excédent des exportations sur les importations), mais bon nombre de pays ont le même excédent, voire un excédent plus important, en termes de PIB, notamment la Suisse, Singapour et la Suède. Les investissements étrangers en Israël sont vraiment élevés (en termes de PIB), mais sont supérieurs à Hong Kong ou en Irlande.
Un excédent des exportations et des investissements étrangers ne créent pas nécessairement une demande de shékels. Dans de nombreux cas, les produits d’exportation d’une société israélienne ne transitent pas par le marché local des devises. Par exemple, les recettes d’exportation de Teva peuvent servir son activité mondiale.
La question de la force du shékel est particulièrement importante, étant donné que les israéliens ont envoyé près de 50 milliards de dollars d’investissements à l’étrangers au cours des cinq dernières années, tandis que les étrangers n’ont envoyé que 5 milliards de dollars en shékels.
Pourquoi, alors, le shékel est-il le roi incontesté des monnaies du monde ?
Parce que le taux d’intérêt en Israël est proche de zéro tandis que la Banque d’Israël a exclu l’option d’un taux d’intérêt négatif. Les pays scandinaves, en Suisse et au Japon, ont aussi usé d’autres outils pour affaiblir les monnaies, notamment des interventions sur le marché des devises et des achats d’obligations.
Jusqu’à récemment, Israël intervenait sur le marché des devises en tant qu’instrument de lutte contre les spéculateurs. Une fois que la Banque d’Israël a cessé de “se battre”, c’est-à-dire en intervenant dans le négoce de devises, la tendance à la hausse du shékel a rapidement pris de l’ampleur.
Le renforcement du shékel est-il bon ou néfaste ? Il y a des arguments de chaque côté, mais comme dans tout argument, la vérité se situe quelque part entre les deux. Ni un shékel excessivement faible ni un shekel qui est la devise la plus forte du monde ne sont bons pour l’économie israélienne. La victoire écrasante du shékel de ces dernières années est un phénomène extrême incompatible avec les chiffres économiques d’Israël.
La force excessive de la monnaie israélienne laisse craindre qu’elle soit artificielle et non seulement préjudiciable aux exportations, mais qu’elle risque également de s’inverser rapidement lorsque les circonstances changeront – une situation fréquente sur les marchés financiers.

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