Le rabbin doit être un berger…

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Il y a de cela quelque temps, je reçus sur internet un appel à converser d’un certain monsieur que je ne nommerai pas. Il se disait aumônier général (des prisons ou de l’armée d’un pays d’Europe, je ne m’en souviens plus). Il voulait absolument que je m’explique au sujet d’un article que j’avais publié et dans lequel j’assimilais les rabbins d’Europe et de France en particulier, aux Meraglim. Les Meraglim, rappelons-le, effrayés par les défis de l’aventure sioniste préféraient retourner vivre en Egypte, comme des esclaves certes mais au moins paisiblement. Ce monsieur était outré de cette comparaison ! Il me téléphona très longuement au milieu de la nuit. La première question qui lui brûlait la langue fut : “même le grand rabbin de France ?” Mais oui, lui dis-je ! Le rôle d’un rabbin est celui d’un berger. La Galout est terminée, D.ieu veut le retour de son peuple tout entier au bercail, sur la Terre qu’il a promis à nos ancêtres et pour lesquels il a fait d’immenses miracles, le dernier en date étant la création de l’Etat d’Israël et le retour de sa souveraineté sur Jérusalem. Le refus des dirigeants communautaires et des rabbins de Galout d’assumer leurs responsabilités est à mes yeux un abandon, une sorte de traitrise de leur peuple, aussi grave sinon plus, que celle de ces grandes personnalités qui trahirent Moshe Rabenou dans le désert et qui faillirent entrainer la disparition d’Israël en le faisant échouer dans sa mission.
D’ailleurs à ce jour, je ne comprends pas que des juifs courageux n’aient pas encore pris l’initiative d’occuper je ne sais quelle association nationale pour exiger la remise de tous les fonds en leur possession, la vente de tous leurs biens immobiliers au profit de ceux qui veulent faire leur alyah mais qui en sont empêchés à cause de moyens financiers. En effet seuls ceux qui veulent rejoindre leurs frères en Israël méritent cet argent donné par des hommes qui rêvaient de vivre en Israël au 19ème et 20ème siècle. Ce monsieur, abasourdi par mes propos me promit de me rencontrer dans un de ses prochains voyages à Jérusalem mais à ce jour je n’ai plus entendu de ses nouvelles.
Cette anecdote me permet de mieux comprendre un verset mystérieux du livre de Samuel. (15 :6) “Saül marcha jusqu’à la ville d’Amalek, et mit une embuscade dans la vallée. Il dit aux Kenim (descendants de Yitro) : Allez, retirez-vous, sortez du milieu d’Amalek, afin que je ne vous fasse pas périr avec lui ; car vous avez eu de la bonté pour tous les enfants d’Israël, lorsqu’ils montèrent d’Egypte. Et les Kenim se retirèrent du milieu d’Amalek”. Yitro, ébloui par la sortie d’Egypte et la victoire de Josué sur Amalek, rejoint Moshe dans le désert et le guide dans la mise en place de sa législation. Ses enfants reçoivent en cadeau le département de Jéricho. Ils sont les principaux étudiants d’Othniel Ben Kenaz, la première yechiva d’Israël ! Alors comment comprendre après cela qu’ils puissent vivre au milieu d’un peuple aussi dégoûtant qu’Amalek, l’antithèse d’Israël?
Pour une raison très simple : le meilleur du Erev Rav, Yitro, est attiré, voire fasciné par le pire du Erev Rav, Amalek ! (le Erev rav représente tous les peuples de la terre, contaminés par le venin du serpent qui séduisit Eve). Nous devons hélas reconnaitre qu’une partie substantielle du peuple juif a le même penchant que les enfants de Yitro et préfère vivre parmi d’autres peuples … parce qu’elle s’y sent mieux qu’avec le sien! Pourquoi des êtres aussi brillants que Finkielkraut préfèrent discourir à l’Académie française plutôt qu’à la Knesset ? Pourquoi des juifs tels qu’Éric Zemmour, BHL, Attali ou tutti quanti se sentent plus à l’aise en France qu’en Israël ?
Le Roi Saül aurait pu ne pas tenir compte de cette dette de reconnaissance envers les enfants de Yitro. Il aurait pu les abandonner à leur destin. N’est-il pas dit : “Malheur au méchant et à son voisin” ? Il n’en fut pas ainsi. De notre part aussi nous n’abandonnerons pas nos frères. Même si présentement ils sont déficients dans leur participation au destin du peuple de D.ieu, car nous nous souvenons des épreuves que nous avons traversés ensemble durant cette longue nuit d’exil et de nos propres épreuves pour la quitter à tout jamais !

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