L’abattage rituel juif : un geste chirurgical

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La polémique soulevée par les propos de Gilbert Collard lors d’un reportage de I 24 news mérite un éclairage et cet article se propose de le faire et d’excuser l’ignorance en la matière. En matière de consommation de viande rouge, les Juifs pratiquants ne consomment que des mammifères à sabots fendus qui ruminent ce qui, on ne l’imagine pas, limite la liste des animaux consommables aux bovins et aux ovins. Au-delà de la symbolique de la rumination (l’idée de l’étude perpétuelle) et du sabot fendu (l’action dans l’observance des commandements), la consommation de viande rouge n’est que peu encouragée par les sages du judaïsme et on peut espérer qu’un jour nous ne serons plus amenés à ôter la vie à une créature pas seulement animale car cette vie existe également dans un homard plongé dans de l’eau bouillante, une oie gavée jusqu’à en faire une cirrhose, une huitre citronnée que l’on avale toute crue le jour de Noël ou encore la bête qui agonise après un tir de chasseur soucieux de préserver la belle et bonne vieille tradition. Alors cessons cette hypocrisie franco-européenne qui consiste à amalgamer toutes les pratiques et à faire croire que l’étourdissement par électrocution diminuerait la souffrance animale qui a déjà commencé avant son transport, puisque tout le monde le sait, les animaux savent qu’ils partent à l’abattoir. Le judaïsme sait depuis plusieurs milliers d’années que la souffrance animale est un sacrifice pour que l’homme survive et que ce sacrifice doit être conduit par des doctes de la Loi dont le comportement doit être irréprochable tant sur le plan de la morale que sur le plan de leurs pratiques après plusieurs années d’études. Non, l’abattage rituel juif n’est pas un égorgement mais une incision chirurgicale dont je vous propose d’en examiner les principes essentiels car, toute la discussion porte sur la conscience ou non de la douleur de l’animal. La shehita (abattage rituel juif), mal connue du public, est une technique décrite et codifiée de manière très précise (euphémisme !) dans la Torah et elle est démontrée scientifiquement. La shehita est fondée sur un principe constant de la Torah: le respect de la vie animale. Elle implique la nécessité de limiter au maximum la douleur de l’animal lors de l’abattage et de ne pas banaliser sa mort. Les règles de l’incision sont très précises et, en aucun cas, il ne s’agit d’égorgement. Elles ont une signification religieuse et visent à réduire au maximum le stress et la souffrance de l’animal. Lisez plutôt que vociférer ! L’incision, effectuée par un Docteur de la Loi s’effectue en aval du larynx, en amont de la bifurcation de la trachée et doit se pratiquer au milieu du cou, au niveau des parties molles, les vertèbres cervicales ne devant être en aucun cas être touchées. De surcroît, chez les mammifères permis à la consommation par la loi juive (ruminants à sabots fendus je le rappelle !), la carotide interne rejoignant la carotide externe avant le complexe de Willis, au moment où la carotide externe est sectionnée, l’alimentation du cerveau est totalement interrompue provoquant la perte de connaissance de l’animal du fait d’une baisse subite de la tension artérielle. Toutefois, cinq “erreurs” qui risqueraient de faire souffrir l’animal disqualifient la shehita : – interruption du mouvement d’aller-retour (shehiya) ; – pression du couteau sur le cou de l’animal (derassa) ; – perforation ou enfouissement de la pointe (halada) ; – glissement du couteau entraînant une erreur de localisation de l’incision (hagrama) – arrachement de la trachée et du larynx (hikkour).
Cette rigueur dans l’acte de la shehita a pour motivation principale la rapidité d’exécution et la diminution optimale de la souffrance de l’animal.
Maintenant, vous ne pouvez plus dire que vous ne savez pas !

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