“La terre contre la paix” n’existe plus !

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Il y a quelques jours donc, le Président Trump annonçait sur Twitter : “Il est temps que les États-Unis reconnaissent pleinement la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan.” Les arriérés du Quai d’Orsay s’en offusquaient.
Il faut dire que la déclaration de Trump sur la souveraineté israélienne est un développement majeur. C’est le dernier clou sur le cercueil de la ligne de 1967 – la ligne d’armistice qui sépare Israël de ses voisins avant la guerre des Six jours. Plus de 50 ans après le franchissement de cette ligne par l’armée israélienne, nous pouvons enfin lui dire adieu.
La partie du Golan contrôlée par Israël est un territoire de 1300 km2, coincé entre le nord-est d’Israël et le sud-ouest de la Syrie. La Syrie a dirigé cette région jusqu’en 1967. Elle a ensuite été occupée par Israël. Depuis lors, il y a eu environ 50 ans de négociations, la Syrie exigeant le retour du territoire et Israël exigeant un accord de paix. Cependant, de nombreux Israéliens savaient que cela n’arriverait jamais. La région est bien trop importante sur le plan stratégique et historique. En 1981, la Knesset a adopté une loi annexant essentiellement le territoire. Et pourtant, les négociations se sont poursuivies, les premiers ministres successifs s’étant ouverts aux Syriens, jusqu’à ce que la guerre civile syrienne et la prise de contrôle d’une grande partie de la Syrie par l’Iran et ses mandataires mettent fin à la charade.
Israël n’avait d’autre choix que d’abandonner l’idée de se retirer des hauteurs du Golan. Mais cette réalité implique une révision complète de la façon dont la communauté internationale envisage les hauts plateaux du Golan, mais également toutes les terres occupées par Israël en 1967. La formulation “la terre contre la paix” des cinq dernières décennies a été la base de toute négociation entre Israël et l’Egypte, la Syrie et les Palestiniens. Mais les arabes n’ont jamais accepté la présence des Juifs en Israël et Trump semble avoir accepté la position du gouvernement israélien et abandonné l’idée qu’Israël doit se replier sur une ligne vieille de plusieurs décennies pour obtenir la paix.
Les retraits ont fonctionné une seule fois pour Israël, en 1979, lorsqu’il a signé un accord de paix avec l’Égypte et quitté la péninsule du Sinaï. Mais cela a créé un précédent problématique. Le président égyptien Sadat a insisté pour qu’Israël restitue toute la péninsule. Israël a décidé que la récompense en valait la peine, puisqu’un grand pays arabe a accepté de rompre avec d’autres États arabes. Mais il y avait un coût caché : les adversaires d’Israël exigeraient le même genre de compensation. La ligne de 1967 devint le point de départ de tous les pays arabes (Eurabia comprise).
Ce que fait Trump aujourd’hui va bien au-delà de la capacité d’Israël à contrôler les hauteurs du Golan. Le président américain remet les pendules à l’heure d’avant l’accord de paix avec l’Egypte, à un moment où Israël voulait échanger “la paix contre la paix – pas la terre.”
En attendant, on continue à vivre. Tel-Aviv se prépare à une grande fête pour l’Eurovision, Netanyahu a être réélu, la presse étrangère à parler du “gouvernement le plus à droite de l’histoire” – comme à chaque fois – et surtout, nos femmes (sans être misogyne car il s’agit surtout d’elles) se préparent au grand ménage de Pessah. Cette année, aidons-les plus qu’à l’accoutumée.

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