La presse gratuite en Israël Une certaine idée du journalisme, un défi à relever

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Product Description

La presse est moribonde, la presse se meurt, les rotatives sont à l’arrêt, l’horizon est maussade pour la quadrichromie.
Il n’y a pas de jour sans que la disparition de la presse ne soit annoncée en pleine page, dans une rubrique nécrologique. Le développement de la virtualité, de la publication informatisée pour des supports conçus pour se déplacer allègrement sur les réseaux sociaux, la toile, n’ont cependant pas altéré le désir du lectorat public. Il est toujours avide de se référer à l’impression papier, de prendre contact avec la fibre cellulosique. Cette inclination à parcourir des colonnes pour trouver toutes les mannes généreusement proposées par des rédactions soucieuses de divulguer toutes les réalités, d’informer, de séduire, de divertir, d’enseigner, de distiller le plaisir qui parfois se nourrit de la polémique et de la controverse, est évidente.
La presse possède ses propres démons. Qu’elle soit à scandale, d’opinion, idéologique, tendancieuse ou supposément libre, la presse a toujours été référencée au plus près de la vie des individus. Elle est souvent attaquée, décrédibilisée, promise au pilon, et certains journalistes savent avoir la dent dure : « Les journaux sont incapables apparemment de faire la distinction entre un accident de bicyclette et le déclin d’une civilisation. » a écrit Georges Bernard Shaw.
En Israël la presse est une entité qui fait partie de la culture du pays, et en faisant le tour des publications de fin de semaine, du Chabbat, que la plupart des quotidiens nationaux mettent à disposition, on est surpris de l’appétit des israéliens pour la lecture en général, et les journaux en particulier. Les suppléments multiples sont autant de façon de conjuguer l’actualité foisonnante, et de donner à penser, à réfléchir, dans le cadre d’un temps consacré et protégé.

Bref historique de la presse israélienne

La première imprimerie est apparue vers la fin du XVIe siècle dans la ville de Safed, en haute Galilée. C’est en 1831 à Safed aussi, puis en 1842 à Jérusalem, qu’un entrepreneur, Israël Beck, fonda une nouvelle imprimerie. Les premiers journaux sont apparus en 1863 et en 1864 : « le Liban » et « Havatzele ». Entre 1870 et 1914, des journaux en hébreu ont été imprimés en Eretz Israël : Hatzvi, Haskefa, sous la férule d’Eliezer Ben Yéhouda, qui a permis la renaissance de la langue hébraïque en Terre d’Israël à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. (Les précédents journaux avaient été fermés par les Turcs).
Entre 1919 et 1948, plusieurs quotidiens se sont imposés en Israël : Haaretz en 1919, E-Hayom durant la même période, Davar Poalei Eretz Israël, en 1925, Yediot Aharonot, premier journal du soir, en 1939, Al Hamishmar en 1948…
La presse s’est ensuite développée pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Des publications ont disparu, d’autres sont nées, mais elles témoignent toutes du fait que l’Etat d’Israël est un lieu de paroles, d’échanges de paroles, bien que certains emportements ou aveuglements, en ternissent la portée.

La presse gratuite

La presse écrite en Israël est organisée autour de 3 modèles: la presse classique dont les principaux représentants sont : Yedioth Ahronoth, Maariv, Haaretz et Makor Rishon, et les journaux économiques « Globes », « The Marker » et « Calcalist » ; les journaux gratuits, et les journaux réservés aux seuls abonnés. La presse classique est prépondérante, mais a dû évoluer et s’adapter aux conditions du marché révolutionné par l’apparition de publications gratuites.
La presse gratuite s’est développée autour de trois axes qui correspondent à des catégories bien particulières : « Israël Hayom », le « Post », et Besheva (qui est un hebdomadaire)
Israel Hayom, créé en juillet 2007, est par son tirage le premier des journaux israéliens gratuits. Il est la propriété de Sheldon Adelson (magnat du jeu et philanthrope américain), compte plus de 100 000 abonnés, et environ
400 000 le week-end. Le PDG est Tzipi Koren, et son rédacteur en chef historique était Amos Regev (un ancien de Yediot Aharonot et Maariv). Il a été remplacé récemment par Boaz Bismuh, qui durant ses études en France, à la Sorbonne, était correspondant du journal israélien Yediot Aharonot, et a aussi été Ambassadeur d’Israël en Mauritanie de 2004 à 2008.
Le comité de rédaction a été constitué autour de journalistes israéliens de premier plan tels que Mordechai Gilat, Amos Regev et Dan Margalit. On a reproché à Israël Hayom de posséder une ligne éditoriale très favorable à Benjamin Netanyahou. « Israël Post », qui s’appelait à l’origine « Metro Israël », était la propriété de Eli Azur (qui détenait également des parts dans le Jérusalem Post) et David Weisman. Il est apparu pour la première fois le 5 août 2007, et s’est singularisé par le choix de son créneau de publication, l’après-midi. Une partie du contenu du Post provient de traductions en hébreu des journaux parus en anglais, The Jérusalem Post et The Business Post. Sa fermeture a été annoncée au mois de juin 2009.
Besheva est un hebdomadaire publié par Arutz Sheva, qui a été édité pour la première fois le 19 juillet 2002. Il est distribué gratuitement le jeudi dans des lieux habités par une population religieuse principalement liée au mouvement Dati Léoumi, en particulier dans les Yshouvim de Judée Samarie.

Il est lu par 130 000 familles

Ces trois journaux sont construits selon un modèle économique qui repose uniquement sur la publicité. Leur gratuité n’a pas été sans incidence sur le marché de la presse en Israël.
Israël Hayom a imposé un type de fonctionnement qui lui a valu de nombreuses attaques, a induit la présentation à la Knesset de lois ayant pour finalité de limiter, voire de supprimer sa diffusion. Ce journal a tout de suite été concurrentiel, dérangeant, et en 2008, peu de temps après le début de sa publication, il avait déjà gagné 21,5% de part de marché. Yedioth Ahronoth perdait 2%, et Maariv 2.5%.
Mais c’est au niveau publicitaire, nerf de la guerre des médias, que son influence a fait trembler sur ses soubassements la presse israélienne dans son ensemble. La chute spectaculaire des prix publicitaires que le journal a imposée sur le marché, a créé une nouvelle réalité économique, dont plus personne n’avait la possibilité de s’affranchir. Cet effondrement des recettes a cependant été compensé par l’appel d’air créé par de nombreuses entités commerciales qui ne pouvaient jusqu’alors accéder au référencement publicitaire de leurs marques.

La presse gratuite francophone

Dans le monde francophone aussi, de nombreuses publications gratuites ont fait leur apparition, que ce soit des journaux, des quotidiens ou hebdomadaires, des magazines, mensuels ou bi-mensuels.
Les difficultés rencontrées par certaines publications sont liées à différents facteurs qui ont provoqué plusieurs disparitions : problèmes de structuration, de recrutement, de financement, de recettes publicitaires, de gestion, de lectorat, de professionnalisme…Cet amoncellement de nuages au-dessus des têtes et des rédactions a été surmultiplié par la crise du Corona qui a mis à terre plusieurs journaux ou magazines, qui n’étaient pas préparés à endiguer un tel marasme.
Peu nombreux sont ceux qui persistent à croire que la presse gratuite possède un bel avenir, et qui s’enracinent dans l’idée qu’ils doivent servir de courroie de transmission entre ceux qui détiennent l’information et ceux qui la reçoivent. Ils ont choisi de se spécialiser, de massifier leur diffusion tout en cherchant à atteindre des cibles bien précises.

C’est le cas du magazine

« FUTÉ MAGAZINE », édité par la société de médias MEDIASTARS Ltd, qui existe depuis plus de 15 ans et s’est imposé dans tout l’état d’Israël dans le domaine de la communication, du divertissement, du tourisme à partir de ses multiples activités : RADIO FUTÉE et VOYAGES FUTÉS. Son fondateur et directeur général Charles Benguigui dirige une équipe, dont la compétence n’est plus à démontrer, ce qui lui permet de diversifier l’information et d’assurer une proximité avec un lectorat exigeant et sensible. Il est issu du monde des médias (TF1 et Europe 2), et est avant tout un animateur, un présentateur, qui à la base a fait ses preuves au Club Med pendant 10 ans à travers la planète.
Charles est aussi un amuseur, un faiseur de miracles, une sorte d’ancien GO charismatique, qui conçoit des projets, les mène à bien, propage des enseignements de Torah, interviewe le monde du Show Biz, de la politique, et aussi des inconnus pour leur donner la place qu’ils méritent, à la vue de toute la communauté et s’évertue à se placer indéfectiblement, dans le camp du bien.
Il s’est d’emblée associé à Sarah Ben pour défendre une cause admirable. En effet, pour Sarah Ben, directrice de publication du magazine mensuel « TROUVER EN ISRAEL » consacré aux olim, la création de l’« Union des indépendants d’Israël » est devenue désormais l’une de ses raisons de vivre. Le but de son site internet, de son annuaire, et donc du magazine, est avant tout d’apporter aux nouveaux immigrants venus de France des informations, des renseignements sur la vie en Israël, le tourisme, et sur bien d’autres thèmes. Mais chemin faisant, crise de corona oblige, touchée par les témoignages de tous ceux qui, en particulier les indépendants, les commerçants, avaient perdu leur outil de travail, leurs revenus et une partie de leur dignité, elle a décidé de leur porter assistance, de les aider, de s’investir pour défendre leurs droits devant les autorités, en réclamant l’attention de tous les israéliens solidaires. Le magazine sert à tous de caisse de résonnance, tout en offrant des perspectives de sortie du tunnel. Il est diffusé à 10.000 exemplaires et est présent dans la plupart des foyers francophones aux quatre coins du pays. Sarah Ben s’est investie d’une mission, qui sans s’affranchir des difficultés, et elles sont nombreuses et récurrentes, veut assurer une continuité, conforter ceux qui lui font confiance, et se sont associés à son combat mené à plein temps. Pour cela elle s’efforce de renverser les évidences, de faire des rencontres utiles, quitte à prendre des risques financiers.

Conclusions :
Comme on peut le voir, la gratuité des supports de presse permet d’atteindre avec facilité ceux qui ont besoin de cette proximité, de cette bienveillance servie presqu’à domicile.
Bien sûr l’équilibre financier est difficile à trouver, hasardeux, et il faut beaucoup d’opiniâtreté pour mener à bien ce travail de
« service public ».
Les supports publicitaires se sont raréfiés (toutes les entreprises ont elles-même été atteintes au plus profond de leur activité), les aides sont quasi inexistantes, mais les frais fixes demeurent. Plus que tout, les directeurs de publications gratuites ne veulent aucunement renoncer, et continuent à produire, à imprimer leurs journaux, à les distribuer. Engagés dans l’action ils s’investissent dans toutes les étapes de la publication, du recueil des articles à la mise en page, à l’insertion d’encarts, la correction…Ils réduisent les coûts, les marges, mais ils n’abdiquent pas et ne restent pas au milieu du gué. Ils anticipent, élaborent, réalisent, et leur mérite n’en est que plus grand.
Les critiques existent, mais elles sont souvent déplacées et hors de propos. Ces journaux et magazines représentent pour leurs lecteurs et leurs annonceurs bien plus, que certains le supposent. Ils sont ancrés dans une réalité qui n’est pas toujours facile à aborder, à contourner, et les lecteurs trouvent dans les pages proposées un champ de liberté, d’affection, qui les aide à traverser les épreuves. Ne serait-ce que pour cela, les magazines et journaux francophones israéliens gratuits doivent être encouragés, aidés, soutenus, afin qu’ils puissent s’ancrer dans la durée et garantir leur présence auprès de tous, au cœur des villes ou dans les Yshouvim les plus éloignés. Ils apportent une aide indispensable qui bénéficiera aux nouveaux annonceurs, mais aussi aux nombreux olim de France qui sont attendus dans les prochaines semaines.

La presse gratuite a déjà fait ses preuves, prouvons que nous pouvons lui être fidèle.

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