INTERVIEW DE GILBERT MONTAGNE SUR RADIO FUTE

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Charles Bengugui : Bonjour, très cher Gilbert MONTAGNÉ, vous allez chanter lors d’une tournée en Israël le 12 août 2019 à Tel Aviv (Théâtre Hekhal Hatarbout) et le 13 août à Netanya (Amphithéâtre de la Mer): pouvez-vous nous parler de ces concerts en Israël ?

Gilbert Montagné : Bonjour à toutes et à tous, quel plaisir de revenir ici en Israël où je suis très impatient de chanter à Tel Aviv et à Netanya, j’ai hâte d’y être. Ces concerts vont être très forts pour moi, toujours avec mes musiciens, les mêmes qui sont venus plusieurs fois. Nous formons une équipe vraiment soudée. Je dis souvent, “à défaut de conduire une voiture, je conduis l’orchestre”. Un bon spectacle pour moi, c’est d’abord de croire que l’artiste croit à son public et croire en lui. C’est très important d’avoir une grande confiance et le public en général surtout en Israël me donne tellement! J’espère que ça va être autant la folie, comme à chaque fois, j’adore ça. J’adore quand les gens se lâchent, chantent avec moi, cela me touche au plus profond et pour moi, quand le public chante avec moi, c’est une récompense, c’est un disque d’or, sincèrement surtout en Israël. Je me dis que j’ai beaucoup de chance quand cela m’arrive et je ne rate pas une seconde pour remercier le ciel.

C.B.: Justement Gilbert, on connaît votre amour pour Israël, on se rappelle lors d’un concert, que vous aviez brandi votre Téouda zéout (carte d’identité israélienne) pour affirmer votre nouvelle nationalité. Cette année, lors de vos concerts, qu’allez-vous brandir ou clamer face à votre public ?

G.M. : D’abord je ne vais pas tout vous révéler, sinon il n’y aura pas de surprise ; j’ai tellement soif de cette communion avec mon public. Je vais bien sûr jouer les chansons que vous avez transformées en succès, maintenant ça fait 50 ans déjà et c’est génial et puis il y aura des surprises et des petites nouveautés. Je viens de sortir un nouveau double CD et DVD de mes concerts que j’ai effectués aux Folies Bergères à Paris, vraiment merveilleux en préambule ça vous donnera l’occasion d’anticiper ce qui pourra être entre nous, en août.
Ce sera magique quand on est sur scène, mon public me donne beaucoup et j’adore ça. Je suis très excité. Surtout de chanter en Israël et je fonctionne aussi au feeling et j’adore ça.

C.B.: Parmi votre public ici, il y a l’ancienne et la nouvelle génération qui chantent vos chansons depuis tout le temps, qu’avez-vous envie de dire à ce public qui vous est fidèle depuis le tout début ?

G.M. : Je leur dirai un vrai grand merci et ça me touche beaucoup d’entendre les petits enfants chanter mes chansons, c’est une récompense énorme, d’autant que ce sont des chansons qui traversent le temps, sans problème pour le voyage et j’adore entendre chanter les enfants. Vous savez, les voix d’enfants qui chantent c’est tellement beau, extraordinaire. Notamment il y a une chanson – Vivre en Couleur – et qui n’est pas forcément la plus populaire, quand j’entends le public qui chante le refrain, ça me fait fondre…, je ne peux plus chanter, c’est tellement beau que je suis troublé par l’émotion.

C.B.: Avez-vous reçu des critiques lorsque vous avez décidé une fois de plus de vous produire ici en Israël ? On vous boycotte pour vos venues en Israël ?

G.M. : Non, au départ la première fois oui, j’ai reçu des choses pas agréables à entendre, je n’ai pas l’habitude ; j’ai beaucoup d’amour de la part de tout le monde, c’est fini ça, de toutes façons, ça ne m’atteint absolument pas et je n’ai jamais changé d’avis. D’ailleurs à ce titre, je trouve qu’il faut saluer l’initiative de l’EUROVISION en Israël cette année, c’est très bien, personne n’a changé d’avis, personne n’a reculé, tout le monde est venu, c’est très bien, très important, la liberté c’est la liberté: ça se gagne et la liberté : ça se défend. C’est très important qu’un artiste puisse chanter où il veut sans demander la permission à personne. La musique n’a pas de frontières, l’amour n’a pas de frontières aussi et puis même si il y a des frontières, on a nos papiers … humour- rires !!!!)

C.B. : Pouvez-vous Gilbert nous rappeler ce que vous avez ressenti quand vous avez touché pour la première fois le Kotel ( Mur des Lamentations ) ?

G.M. : Pour moi surtout c’est quand on descend sous le Mur. Quand on va à 83 m du Saint des Saints et là il y a des pierres que moi je n’avais jamais touchées de ma vie. Un contact, je veux dire tactile, minéral « extraordinaire « et ça était une révélation que je ressens à chaque fois quand je me rends là. Je trouve cela vraiment merveilleux et ce n’est pas pour rien que c’est la Terre d’Israël. Voilà , tout simplement .
En fait je n’ai pas la lumière électrique , mais j’ai l’autre et j’aime ça. J’aime ressentir cette lumière de temps en temps. Ce n’est pas tout le temps, mais quand elle est là , c’est quelque chose de très beau. Pour tout vous dire quand cette lumière s’éloigne, ce n’est pas grave, non plus, mais quand elle est là, c’est encore mieux, c’est bien. L’amour d’Israël , ça m’a pris très tard et il n’est jamais trop tard, c’est aussi un hommage, un remerciement à ma maman qui m’a donné ma racine juive et donc c’est pour moi très émouvant d’être là -bas à chaque fois. J’ai toujours connu les racines de ma mère, bien que je fais partie de ces gens qui sont nés 6 ans après la guerre et maman avait traversé tout ça et donc nous n’en parlions que dans des milieux sûrs, à l’époque, vous vous rendez compte; c’est à dire qu’on ne pouvait pas en parler librement partout et moi j’ai toujours su, bien sûr. Quand j’entendais des chansons en hébreu, j’étais bouleversé et je savais parfaitement pourquoi maman m’en parlait beaucoup; de la terreur qu’elle a traversée en France quotidiennement pendant la guerre et je pense que les sépharades dont je fait parti (maman est née à Alger et est rentrée en France en 1925) on n’a pas connu tout ça, je veux dire bien sûr en Tunisie, au Maroc, en Algérie, il n’y avait pas eu cette tension énorme, ce grand danger comme en France. Je suis toujours habité par ce traumatisme après guerre, même si je n’ai pas connu la guerre. Quand je vois des films (j’adore le cinéma) comme “La Rafle”, je suis vraiment retourné. Maman m’a tellement parlé de ce drame au quotidien que “oui” je suis habité par tout ça . Il faut avoir les yeux et l’esprit bien ouverts, sans paranoïa, je trouve que c’est important.

C.B. : Vous aimez Israël et vous le manifestez haut et fort, justement existe-t-il un endroit, un lieu incontournable quand vous venez en tournée?

G.M. : D’abord chez moi, restons terre à terre, évidemment dans mon appartement à Tel Aviv. C’est un besoin physique et spirituel d’y être. Vous savez, j’ai sorti il y a quelques mois un livre chez Flammarion qui s’intitule “Au jardin de ma vie” où là je parle aussi des premières heures de ma vie que j’ai pu retrouvées. Je savais très bien , évidemment, mon histoire : prématuré, couveuse , pendant trois mois et demi etc. Je ne m’étais jamais penché vraiment sur une question que je me posais : est ce que je pouvais retrouver des feeling pendant ces 3 mois et demi ? Et j’ai retrouvé des sentiments, des sensations, j’ai surtout retrouvé cet appel de la vie qui m’a demandé de lui faire confiance à ce moment là parce que j’étais assez inquiet sur mon sort dans le sens où j’ai frôlé évidemment la mort, je ne pesais que 950 grammes et surtout à l’époque ! Et depuis je fais confiance à la vie et elle ne m’a jamais déçu, c’est pour ça que j’adore aussi ressentir la vie que vous me projetez , vous public, ce que vous me renvoyez, c’est pour moi très fort, ça a beaucoup de valeur, c’est très important pour moi. Vous savez les choses les plus magiques sont les choses qu’on ne peut pas acheter, c’est ça qui est magique, c’est comme l’inspiration par exemple quand vous êtes devant votre clavier, enfin pour moi, je me dis, tiens, je vais écrire une mélodie, non pas du tout, parce que je ne sais pas ce qui va se passer. Donc Je me mets sur mon clavier et puis si on tape “toc toc toc” sur la petite porte de mon esprit et que si je commence à jouer, je me dis voilà , ça devait se passer et là c’est très beau. Par exemple quand je suis en Israël, j’adore jouer avec les oiseaux, j’adore ça. C’est très important d’écouter les oiseaux et vous jouez des notes aigues sur le piano et les oiseaux répondent et ça c’est une belle récompense aussi. Vous voyez, les choses les plus simples sont les choses les plus importantes. Même les oiseaux peuvent vous inspirer pour écrire une mélodie. Vous savez ma première chanson “The Fool” je l’ai écrite tout simplement, sur un petit chemin de campagne en France, j’avais 16 ans, je n’avais pas de Cassettes, je n’avais rien, et c’est par les notes des oiseaux que l’inspiration est venue. Pour moi les oiseaux sont de vrais chanteurs. Nous les chanteurs, nous sommes des transmetteurs. Ce sont les oiseaux qui sont importants. C’est quelque chose de magique, de céleste. David disait bien que le plus court chemin pour atteindre le ciel c’était la musique avec sa harpe. C’est cela, exactement cela. C’est pas pour rien tout ça, c’était prévu.

SOYEZ AU RENDEZ-VOUS LE 12 août à TEL AVIV et le 13 août à NETANYA
AMBIANCE GARANTIE AVEC GILBERT MONTAGNÉ
Est ce que vous savez que Radio Futée n’est pas seulement une radio, … mais elle est Futée …. yeah !!!!

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