Entretien exclusif avec Yoni Chetboun, prochain Maire Francophone de Netanya ?

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Charles Benguigui : Bonjour Yoni Chetboun, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Je rappelle votre parcours : vous avez servi à Tsahal au sein de l’unité d’élite Golani et vous êtes encore aujourd’hui lieutenant-colonel de réserve, ancien député et vice-président de la Knesset, Fondateur et Ancien président du lobby francophone à la Knesset et candidat au poste de maire de Netanya. Pourquoi cette candidature et pourquoi Netanya ?

Yoni Chetboun : Bonjour Charles, oui, je suis un homme public, un sioniste indéfectible, qui aime son pays, veut le servir au mieux et dans toutes mes fonctions j’ai toujours fait en sorte d’être un homme d’action : les paroles s’envolent, seuls les actes restent. Mon engagement en politique n’est pas récent : il y a onze ans, lorsque j’étais commandant lors de la deuxième Guerre du Liban, je voyais les roquettes passer au-dessus de moi et menacer nos villes, nos frères, nos enfants. C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision de consacrer ma vie à servir mon pays même après mon service militaire si je revenais vivant de cette guerre.

C.B. : Cette guerre, plus précisément la bataille de Bint Jbel, vous a d’ailleurs valu la plus haute distinction du chef d’Etat Major (Tsalash Ramatkal)…

Y.C. : Mon commandant et mon ami, Roy Klein a récité le Shéma Israël avant de sauter sur une grenade pour sauver tout notre bataillon. C’est un héros, une personne doté d’un don de soi exceptionnel. J’ai sorti son corps du champ de bataille, nous nous sommes réorganisés, j’ai pris le commandement et nous sommes repartis au combat. C’était un combat extrêmement difficile. Beaucoup de commentateurs disaient qu’il était perdu d’avance mais j’avais foi en D…, j’avais confiance en mes soldats. Notre détermination a payé : nous avons gagné. J’ai vu de mes propres yeux ce que c’était de mourir pour sa nation et par amour et respect pour tous ceux qui sont tombés pour notre pays, je me suis senti investi d’un devoir, celui de le servir du mieux possible. J’ai fait de nombreuses choses à la Knesset en tant que député et au lobby francophone mais je me suis rendu compte que c’est au niveau local qu’on pouvait le mieux servir les habitants, le maire étant, en Israël, celui qui dispose de la plus grande marge de manœuvre pour agir concrètement et changer le quotidien des habitants. Quant à Netanya, c’est la ville où j’ai grandi et où mes parents se sont installés après avoir immigré de France. J’y suis profondément attaché. J’aime cette ville car elle est un symbole de diversité : de nombreux olim ont eu le courage de quitter leur pays natal pour y construire une nouvelle vie comme mon père, cardiologue, qui s’est battu pour retrouver sa place. J’aime cette mosaïque humaine qui la compose : orthodoxes, religieux, traditionnalistes, laïcs, sabras, olim. Mon ambition pour Netanya est qu’elle redevienne une ville de partage et d’échange entre les différentes communautés. Améliorer l’intégration, favoriser le vivre-ensemble c’est mon leitmotiv.

C.B. : Certains vous considèrent comme l’alternative au pouvoir installé depuis 20 ans quand d’autres disent qu’il sera difficile de battre la Maire sortante. Que leur répondez-vous ?

Y.C. : La ville de Netanya est administrée depuis 20 ans par la même équipe : elle a besoin de changement et de nouveauté. À Beer Sheva, par exemple, mon jeune et talentueux ami Rubik Danilovitch a remplacé Yaakov Turner, très connu et plus ancien. Les habitants attendent avec impatience ce renouvellement. La preuve, selon les derniers sondages, 70% des habitants ne veulent pas voter pour la maire sortante, ce qui veut dire que la majorité des israéliens souhaitent un réel changement et beaucoup d’entre eux me considèrent comme la meilleure alternative. Ceci est le fruit d’un travail de terrain dans l’ensemble des quartiers de Netanya, jour et nuit depuis le mois de Janvier. De plus, ceux qui disent que ce sera trop difficile de l’emporter sont influencés par les fausses rumeurs lancées par le camp adverse qui donne les résultats de l’élection avant même qu’elle ait eu lieu. Concrètement, les derniers sondages nous placent en tête la maire sortante et moi-même avec un score très serré. Toutes les voix compteront. Il est donc essentiel de se mobiliser et d’aller voter.

C.B. : Vous êtes le seul candidat au poste de Maire qui est francophone. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous êtes si attaché à notre communauté ?

Y.C. : J’ai grandi dans une famille d’Olim, j’ai été témoin des joies et des difficultés de l’Alya à travers les expériences de mes parents, j’ai vu le courage des olim qui abandonnaient tout juste par amour pour Israël. Comment ne pas être admiratif ? Quand j’ai commencé ma carrière politique, c’était naturel pour moi que le développement de l’Alya et l’aide à l’intégration fassent partie de mes priorités. J’ai donc créé le lobby francophone dès mon entrée à la Knesset. Israël est une terre d’immigration, c’est un devoir de faire venir le plus de juifs ici mais surtout de les aider à rester en Israël et à s’intégrer avec succès. L’Alya de France est différente de certaines autres dans le sens où elle est une Alya de conviction qui ne manque pas de personnes talentueuses ayant des compétences, des qualités extraordinaires et une volonté vibrante de donner aux pays. Mais pour avoir une influence, les olim de France doivent intégrer l’espace politique, cesser d’être divisés et se mobiliser derrière un candidat unique. Je veux et je peux les aider à exister politiquement. Je leur demande de me permettre de faire entendre leur voix. J’ai toujours œuvré pour eux depuis le début de ma carrière politique: je continuerai à me battre pour vous, faites-moi confiance.
C.B. : Un Maire francophone ne suffisait pas ? Vous avez aussi mis à l’honneur les olim de France en plaçant une des leurs en 2e position sur votre liste. Pourquoi ce choix ?

Y.C. : Parce que c’est très important pour moi que les olim de France soient suffisamment bien représentés pour compter. Je connais très bien les problèmes des olim de France mais aussi leur potentiel et leur amour pour l’Etat d’Israël. Je sais leurs frustrations de ne pas pouvoir s’investir pleinement dans la construction de notre pays et de notre ville alors qu’ils ont tant à apporter. C’est pourquoi, pour la première fois dans l’histoire de Netanya, j’ai délibérément choisi de placer une ola de France, Liora Levy, à la meilleure place derrière moi pour lui donner le maximum de chances d’être élue. Je n’ai pas choisi Liora par hasard mais parce qu’elle fait un travail formidable, totalement bénévole, pour les olim depuis des années. Je me retrouve dans son dévouement aux autres à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Je suis certain qu’elle sera la meilleure des représentantes pour les olim à l’écoute de chacun d’entre eux. Elle mérite amplement cette place.
Et si les francophones ne sont toujours pas représentés, c’est uniquement parce que depuis 20 ans la maire sortante s’est toujours évertuée à jouer la division : elle a placé un olé ou un francophone dans sa liste à chaque élection pour diviser l’électorat francophone mais à chaque fois à des places irréelles. Encore cette année, les olim de France sont placés à la 11e et à la 14e position donc inéligibles puisqu’aux dernières élections, la maire sortante a obtenu 9 mandats et cette année, selon les sondages, elle devrait en avoir beaucoup moins. Le numéro 5 est certes francophone mais né en Israël à la différence de Liora qui a fait sa Alya seule à 18 ans et qui est donc plus à même de comprendre les difficultés quotidiennes des olim, les ayant intrinsèquement vécues elle-même.
Quant au reste de ma liste «Aharay», elle est à l’image de la ville, composée d’une équipe dynamique, représentative de la diversité de Netanya. Elle comprend des hommes et des femmes, des laïcs et des religieux, des nouveaux immigrants et des résidents de longue date issus de divers quartiers de la ville et j’ai eu le souci de choisir des personnes de terrain, profondément attachées à leur ville et proches des habitants.

C.B. : Après votre liste, parlons de votre programme. Quelles sont les mesures spécifiques pour les olim ?

Y.C. : Il faut différencier plusieurs catégories d’olim: D’abord les seniors sont clairement pénalisés par la langue. Je ne leur demande pas d’apprendre l’hébreu, c’est très difficile pour eux de changer de langue et de culture. Dans leur cas, c’est la mairie qui doit s’adapter à eux, pas le contraire. Comment est-ce possible que dans une ville qui compte une si forte concentration d’olim de France, il n’y ait pas à la mairie un standard en français ? Je mettrai en place ce standard ainsi que des représentants parlant français dans les principaux services municipaux et les documents officiels seront traduits en français. Je mettrai également en place à la mairie un interlocuteur francophone chargé des questions de santé et je créerai un poste de coordinateur en lien permanent avec toutes les associations d’olim.
Ensuite je pense aux familles qui malgré leur motivation ont de grandes difficultés à s’insérer sur le marché du travail israélien. Les mesures d’appoints, superficielles qui ont été mises en place depuis 20 ans sont loin d’être suffisantes puisque presque 40% des Olim francophones en âge de travailler ne trouvent pas d’emploi après 2 ans d’Alyah. Je propose un plan concret pour aider les olim dans leur recherche d’emploi avec notamment une réelle collaboration avec les entreprises israéliennes, de nombreuses mesures pour favoriser l’entreprenariat, la création d’une véritable maison de l’emploi ouverte 6 jours sur 7 avec des conseillers emploi parlant français et en son sein un pôle reconnaissance des diplômes, des ateliers sur les CV et les entretiens d’embauche, des conférences sur le droit du travail et un open-space mis à disposition des associations et des entrepreneurs.
Enfin, nos enfants sont ma priorité absolue. Je propose un plan d’accompagnement des enfants d’olim dans les écoles : oulpan d’été thématique pour permettre aux enfants l’acquisition d’un hébreu de base et du vocabulaire propre à chaque matière avant sa rentrée scolaire, aides aux devoirs obligatoires l’après-midi, création de postes de coordinateurs (aujourd’hui, il n’y en a que 3 pour tous les gan et toutes les écoles de Netanya, c’est aberrant),formations pour les professeurs pour qu’ils soient aptes à s’adapter aux enfants d’olim, mise en place de structures d’éducation professionnelle avec des stages en entreprises pour les olim et de journées d’orientation sur des sujets comme l’armée, l’université, les droits et aides des étudiants en Israël. Enfin, je demanderai une concertation entre le misrad ahinoukh, la mairie et les parents d’élèves pour étudier la possibilité de mettre en place une cantine dans les écoles. Et bien sûr, il est essentiel de prendre en charge nos enfants l’après-midi, j’ai tout un projet dans ce sens.

C.B. : Pouvez-vous nous en parler ?

Y.C. : L’éducation est un sujet complexe puisqu’il faut savoir s’adapter à chaque enfant, chacun ayant des besoins différents. J’ai huit enfants grâce à D…, je suis donc parfaitement conscient de cette réalité et des lacunes du système éducatif actuel à Netanya.
L’éducation sera un thème prioritaire de mon mandat : les moyens budgétaires seront alloués en conséquence. Ma vision des choses est que la mairie a le devoir d’accompagner un enfant avant, pendant et après sa scolarité, pendant et après les cours.
L’école doit être un centre éducatif 24h/24. Les gymnases et cours des écoles, aujourd’hui peu utilisés l’après-midi, seront ouverts sous la supervision de la mairie. Les salles de classes serviront après les cours pour organiser des activités pour les enfants et des conférences pour les parents. Je collaborerai aussi avec les mouvements de jeunesse qui prendront en charge les enfants dans les écoles l’après-midi. De plus, des activités (hougim) de qualité, proposées par des acteurs privés, ne sont pas accessibles à tous. En tant que maire, je leur permettrai de louer gratuitement les gymnases des écoles et en contrepartie, ces acteurs devront baisser les prix des hougim. Enfin je mettrai en place un plan pour une meilleure surveillance dans les crèches.
L’ensemble de mon programme est disponible sur mon site de campagne : https://fr.yonichetboun.co.il/planfr/

C.B. : La baisse de la Arnona est une mesure très attendue par la population. Comment allez-vous vous y prendre avec les différents ministères ?

Y.C. : Oui, je m’engage à baisser la Arnona à Netanya. Entre 2008 et 2018, le taux de Arnona a augmenté de 24% pour les résidents de Netanya. Dès mon 1er mandat, j’inverserai cette tendance. Je connais les procédures : lorsque j’étais député à la Knesset, j’ai déjà travaillé avec les ministères de l’intérieur et des finances dont je connais très bien le fonctionnement et je n’ai pas peur de me battre pour les habitants de notre ville qui fait partie des villes d’Israël où la Arnona est la plus élevée. Un maire qui veut baisser la Arnona le peut. Mais la majorité des maires préfèrent évidemment l’augmenter pour accroitre le budget municipal. La Arnona est un impôt injuste puisque tout le monde le paye peu importe sa situation économique. Le maire qui veut baisser la Arnona doit présenter un plan au Misrad Hapnim (ministère de l’intérieur) montrant les sources de revenus alternatifs qu’il compte dégager pour compenser cette perte de baisse de Arnona. J’ai un plan carré, organisé et efficace à soumettre au ministère.
A Netanya, il y a énormément de gaspillage de fonds publics : en arrêtant les dépenses inutiles, on dégagera des revenus alternatifs ; en supervisant et en contrôlant les travaux, on pourra être plus opérationnel, réduire les coûts et ainsi baisser la Arnona.
En modifiant les plans d’urbanisme de la ville, on fera aussi baisser automatiquement la Arnona : les appartements à la location et à la vente sont presque exclusivement des 4 ou 5 pièces alors que les jeunes couples ou les retraités pourraient se suffire d’un 2 ou 3 pièces. En mettant à disposition sur le marché des petits appartements, ils pourront vivre dans un appartement qui leur correspond réellement et payer moins de Arnona.
Aujourd’hui, les bâtiments non entretenus et vieux du centre-ville lui donnent l’allure d’une rue de Gaza. Beaucoup de commerces et d’entreprises du centre-ville quittent Netanya ce qui est une perte nette pour la municipalité. Je veux redéfinir le centre-ville et ses commerces comme une zone prioritaire, en faire une zone animée, touristique et commerciale en expansion. En embellissant le centre-ville, en investissant dans les entreprises en collaboration avec les ministères et la municipalité pour changer l’image du centre-ville, en baissant la Arnona des petites entreprises, on augmentera la croissance et cela profitera aux habitants, renforcera les commerces et augmentera les recettes municipales.
Si la maire sortante est reconduite, la Arnona continuera d’augmenter car elle n’a pas de plans pour la baisser. C’est mon engagement en tant que maire et tous ceux qui racontent des histoires en disant qu’il est impossible de baisser la Arnona sont soit au mieux des gens qui manquent de courage ou ne connaissent pas le sujet, soit au pire des gens qui se soucient peu du sort des habitants.

C.B. : Quelle sera votre première réforme ?

Y.C. : Ma première réforme sera d’améliorer les services municipaux à Netanya et de moderniser le modèle de gestion. Il y a aujourd’hui près de 250.000 habitants, la ville a beaucoup grandi, on ne peut donc plus la gérer sur un modèle centralisé datant d’il y a 20 ans !! Je vais créer 7 arrondissements. Dans chaque arrondissement, il y aura une mairie d’arrondissement qui proposera des services municipaux de proximité, accessibles aux habitants et dans chaque mairie, un représentant francophone. Par exemple, dans mon système il y aura un département propreté dans chaque arrondissement pour enfin proposer aux habitants un service de qualité et de proximité dans ce domaine.

C.B. : Quelle sera la particularité du Maire Yoni Chetboun ?

Y.C. : Je serai un maire accessible et proche des gens. Pour moi, un responsable public ne peut pas diriger depuis sa tour d’ivoire, il doit être sur le terrain, à l’écoute des citoyens pour vérifier que la politique qu’on met en place est bonne. Ma force quand j’étais dirigeant à l’armée, PDG d’une société, député à la Knesset, a toujours été d’être proche des gens et à leur contact en permanence sur le terrain, que ce soit avec mes soldats, avec mes employés ou avec les citoyens et cette vision je continuerai à la suivre en tant que maire.
Je serai également le maire de tous les habitants de Netanya. Dans 5 ans, je veux que Netanya soit comme une ville unie et non divisée entre des citoyens de première et de seconde zone, entre des olim d’un côté et des israéliens de l’autre, entre des habitants d’un quartier qui reçoivent des avantages ou des services tandis que ceux d’un autre quartier n’en reçoivent pas. Il faut comprendre que 50% de la ville est composée de quartiers très vieux laissés à l’abandon : centre-ville, Dora, Ezorim, Kiriat Nordau… qui n’ont pas été rénovés depuis 45 ans. Pour moi, chacun est unique et chacun doit recevoir les mêmes services sans aucune différence, qu’il soit ancien, nouveau olé ou sabra, habitant du centre-ville, du quartier nord, sud, est, ou du bord de mer de Netanya.
C.B. : Dernière question technique : quelle est la procédure de vote ?

Lors des élections municipales, les habitants sont invités à déposer deux bulletins dans l’urne : un bulletin jaune pour élire le maire (sur le mien il sera écrit ) et un bulletin blanc pour la liste municipale (pour ma liste, il faut choisir le bulletin avec les lettres écrites en gros et en-dessous sera écrit ). J’insiste sur le fait qu’il est important de permettre au maire élu d’avoir une liste majoritaire pour pouvoir agir : je demande donc à tous mes soutiens de voter pour moi et pour ma liste “Aharay”. Je compte sur votre mobilisation, la procuration n’existe pas en Israël, il faut être physiquement présent le jour du vote. Si vous avez besoin de plus amples informations, n’hésitez pas à vous rendre sur mon site :
www.fr.yonichetboun.co.il
ou à contacter mon équipe de campagne
au 0559280672.
La victoire est proche, je compte sur vous :
bezrat Hachem, rassemblés nous allons gagner.

C.B. : Beatslaha Yoni
Y.C. : Merci beaucoup Charles.

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