Daesh, ou l’erreur stratégique des occidentaux

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Au début du mois d’aout, le Pentagone a publié un rapport dans lequel il était expliqué que l’État islamique restait une menace pour la stabilité de la région et qu’un risque de résurgence est bien réel. Cet article se propose de revenir sur la stratégie du groupe terroriste et de cerner celle des occidentaux.

Quelle stratégie pour Daesh ?

Une stratégie militaire répond nécessairement à un but politique, aisément identifiable dans le cas des islamistes : la domination de l’islam radical sur le monde et la soumission des infidèles. Des groupes comme Al-Quaida ou Daesh n’ont sur ce point, aucune différence. En revanche, leur stratégie est radicalement différente. Al-Quaida, comme Ben Laden l’a théorisé, cherchait à développer des branches locales dans des États structurellement faibles, afin de répandre une terreur globale. Daesh souhaite s’implanter entre l’Irak et la Syrie et construire un État traditionnel, voué à croître et faire régner sa loi sur le Moyen-Orient et le Monde.

Un bref historique du conflit

C’est en juin 2014 que l’État Islamique commença à faire parler de lui. Après leurs conquêtes, les djihadistes devinrent des communicants et profitèrent de leurs victoires militaires pour recruter massivement. Les occidentaux et les russes, poussés par une vague d’attentats meurtriers s’impliquèrent et poussèrent l’ennemi jusque dans ses retranchements. En 5 ans, Daesh perdit ses zones fortes et ses combattants furent éparpillés entre l’Irak et la Syrie. Enfin, la ville syrienne de Baghouz, dernier bastion du groupe, est prise par les forces alliées des occidentaux (principalement kurdes et arabes) en mars 2019.
La réorientation stratégique de l’État islamique

En perdant son territoire, l’État islamique a perdu de son prestige. Il était naguère le groupe qui avait vaincu les armées syriennes et irakiennes, dorénavant obligé de se terrer dans les déserts du Levant. Néanmoins, les communicants de Daesh ont compris qu’en se targuant des réussites d’attentats dans d’autres pays (comme l’attentat de Pâques au Sri Lanka qui a fait 258 morts) ils montreraient au monde qu’ils continuent d’exister. En clair, Les rejetons idéologiques de Daesh contribuent dorénavant à sa force de communication, lui qui n’a plus aucuns succès militaires sur lesquelles il pourrait capitaliser.

L’erreur des occidentaux

À la suite de la publication du rapport du Pentagone, l’ancien ambassadeur français en Syrie cherchait à rassurer : « Il ne s’agit pas d’une résurgence, mais d’une persistance ». En effet, Daesh dispose encore d’un vivier considérable d’hommes (entre 15 000 et 18 000 selon plusieurs sources), mais son projet de construction d’un État solide semble n’être dorénavant qu’un rêve lointain. De leur côté, Les occidentaux ont délaissé leurs brillants stratèges des guerres coloniales pour téter les mamelles des stratèges du Pentagone. Aucune guerre ne peut être gagnée par des drones, des avions et des bombes. La guerre n’est que l’outil du politique, qui lui donne sa fertilité et lui confère un but : une guerre sans but politique est vide de sens et ne débouche, au mieux, que sur une victoire passagère. Pour que Daesh soit écrasé, il faut trouver un objectif politique qui inclue les populations et les sépare des groupuscules. Pour simplifier, l’erreur stratégique des occidentaux fût de croire qu’ils feraient un beau jardin qu’en coupant les mauvaises herbes.

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