Bataille américaine tardive contre l’Etat Islamique

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Bataille américaine tardive  contre l’Etat Islamique 

 

L’absence de politique étrangère américaine claire et objective pourrait coûter son avenir à l’Irak.

Il a fallu plus d’une semaine pour que quelqu’un dans le monde occidental remarque qu’un demi-million d’Irakiens Yazidis pouvaient être exterminés par les barbares modernes d’ISIS qui poursuivent leur avancée victorieuse au nord de l’Irak.

Alors que le monde dans sa quasi-totalité était concentré sur la bande de Gaza, il en a oublié tous les autres conflits, les victimes et les atrocités. Les Yazidis, acculés, ont trouvé refuge dans les montagnes du Sinjar et il leur a fallu attendre une pause dans les hostilités entre Israéliens et le Hamas, alors qu’ils meurent de faim, de soif et de maladies. C’est seulement ensuite, que l’aide étrangère est devenue disponible et que les avions américains ont commencé à cibler les positions d’ISIS au nord de l’Irak.

Cette aide, même tardive, est inestimable pour les personnes désespérées qui habitent cette région depuis des milliers d’années et dont le seul péché est d’adorer Dieu dans leur façon, unique, inacceptable pour les fanatiques violents d’ISIS.

La question est de savoir s’il n’est pas trop tard pour l’Irak en général.

Ce n’est pas que ce genre de problème n’ait pas été évoqué par le passé. Faible, l’Irak divisé a eu du mal avec le fondamentalisme islamique depuis toujours, bien avant l’invasion américaine en 2003.

Après la chute de Saddam Hussein, l’armée et d’autres structures sécuritaires ont été démantelées afin de n’être jamais ressuscitées comme un véritable pouvoir, et Al-Qaïda (ennemi juré de Saddam) a relevé la tête. En 2007 l’Emirat islamique de Ramadi a été créé, et la ville de Fallujah a été maintes fois capturée et re-capturée par les islamistes, si bien que personne ne peut prétendre aujourd’hui que la montée en puissance de groupes radicaux sunnites est venue comme une surprise.

Le Premier-ministre irakien Nouri Al-Maliki a averti à plusieurs reprises qu’Al-Qaïda menaçait la stabilité et l’intégrité territoriale de l’Irak. En 2012 la plupart de ses demandes ont été rejetées par le Pentagone sous prétexte que le régime d’Al-Maliki était “faible, peu fiable et antidémocratique”. Al-Maliki s’est alors tourné vers les Russes et a signé un contrat pour 5 milliards de dollars d’armes. Maliki a dirigé le gouvernement irakien jusqu’à maintenant, travaillant à bâtir des institutions qui soient efficaces, indépendantes et transparentes. Comment le même homme, sans vraiment changer son style de leadership depuis le jour où il est arrivé au pouvoir en 2005, est passé du rôle d’espoir pour l’Irak à celui de faible et d’incapable?

Oui, le régime de Maliki a beaucoup de défauts. Il a amassé une énorme puissance et a souvent utilisé la force militaire pour aider ses partisans, et la corruption a substitué le système économique, etc…  Mais ces faits étaient connus de l’administration Obama bien avant 2012.

Il est évident que si pendant que les dirigeants de Bagdad se disputent le pouvoir, la route de la capitale est grande ouverte à ISIS.

La différence importante entre 2012 et maintenant, c’est que la tendance salafiste en Irak et dans les pays voisins comme la Turquie, le Liban et la Syrie, est en hausse.

Les “réalisations” des combattants d’ISIS qui ont pris Mossoul et concrétisé le rêve d’Oussama Ben Laden d’établir un Emirat islamique, ont permis à des milliers de jeunes extrémistes de se joindre à l’organisation, à la fois en Syrie et en Irak. Selon certains rapports, 10% au moins des combattants d’ISIS sont Turcs, et il y a aussi des milliers de Tunisiens, d’Egyptiens, de Jordaniens qui sont recrutés aujourd’hui. En fait, le rythme de recrutement en Irak a énormément progressé depuis le jour où ISIS a conquis Mossoul. Le “débarquement d’ISIS” dans la ville libanaise d’Arsal, dans les zones frontalières turques et même dans la ville de Maan au sud de la Jordanie est très bien perçu aussi. Il n’y a toujours pas de «gouvernement d’union” à Bagdad, et les Kurdes s’inquiètent toujours des autorités centrales qui changent d’avis toutes les cinq minutes quant à leur aide envers les combattants Kurdes Peshmergas, alors que l’Irak est en train de s’écrouler, incapable de contrôler la situation dans le triangle sunnite, au nord kurde et même dans la capitale.

L’intervention américaine actuelle pourrait aider certains Irakiens qui ont désespérément besoin d’aide pour le moment, mais le manque de clarté de l’objectif de la politique étrangère américaine en Irak pourrait coûter à l’ensemble du pays son avenir.

 

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