Attentats en France : les juifs avaient prévenu !

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Attentats en France :  les juifs avaient prévenu !
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Par Jonathan-Simon Sellem
Attentats en France :
les juifs avaient prévenu !
Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit. Je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit. Je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai pas protesté. Je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté. Je n’étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour protester. »
Martin Niemöller, pasteur et théologien allemand

Quand je pense aux derniers évènements survenus en France, j’ai en tête cette maxime de ce pasteur allemand. Avant la 2ème guerre mondiale, Martin Niemöller admire le régime hitlérien, mais quand celui-ci veut soumettre l’église allemande, il demande à tous les pasteurs qui ne veulent pas accepter l’idéologie nazie de se rassembler afin de créer le Pfarrernotbund (Ligue d’urgence des pasteurs). Mais il est trop tard. Il est interné à Dachau en 1941. Les « gens biens » comme lui et d’autres, n’ont pas réagi à temps. En France, c’est pareil.
La communauté juive de France n’a cessé de mettre en garde le gouvernement et leurs concitoyens de ce qui allait arriver. Mais la France n’a pas compris. Elle n’a pas écouté. Elle n’a pas entendu. Elle ne le peut pas. La France, elle hoche la tête poliment, mais elle n’arrive pas et/ou elle ne veut pas, décrypter les ondes qui sortent de la gueule du juif.
Après le massacre d’Ilan Halimi en 2006, le Président du Consistoire Central (l’organisation qui régit la vie juive en France) avait dit : « d’abord ils s’en prennent aux juifs, après ce sera le tour des autres. » Un message identique a été donné après les tueries de Toulouse et de Bruxelles. Mais personne n’a daigné écouter cette mise en garde.
Après les opérations Plomb durci et Bordure Protectrice, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu a dit la même chose : « après avoir attaqué Israël, les islamistes s’attaqueront au reste de l’Occident. » Mais aucun dirigeant ne l’a pris au sérieux.
Après l’attaque contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le 7 janvier, le député juif français Meyer Habib a dit (1), en substance, que de soutenir les Palestiniens alors qu’ils utilisent le terrorisme pour arme n’allait pas apaiser le Proche-Orient mais permettre l’importation du conflit en France. Des élus et des militants politiques ont réclamé sa démission (1B).
Le même jour, je publiais un article dénonçant la désinformation des grands médias (2). Quand les frères Kouachi, les terroristes qui ont massacré l’équipe éditoriale de Charlie Hebdo, se sont enfuis ; on a retrouvé leur premier véhicule encastré dans un poteau en fer, rue de Meaux dans le XIXème arrondissement. Sur la totalité des photos mises en ligne par les agences de presse, on voit le véhicule des tueurs, de côté, sans voir que juste derrière le poteau installé là pour protéger le trottoir se trouve un restaurant cacher ! Sans ce poteau, des familles juives attablées auraient pu être tuées, écrasées, comme on a écrasé des civils attendant le tramway à Jérusalem. Et c’est sans parler du fait que ce restaurant est à 100 mètres de la plus grande école juive de Paris. Heureusement, les terroristes ont pris la fuite dans une autre direction, évitant un possible carnage. Mon article et mes photos qui prouvent ce que j’écris n’ont pas trouvé le moindre écho dans la presse mainstream. Et nombreux sont les lecteurs qui m’ont accusé de vouloir « faire des juifs des victimes alors qu’il n’y a aucun lien entre l’affaire Charlie Hebdo et l’antisémitisme. »
Vendredi 9 janvier, avant la prise d’otage dans l’épicerie HyperCacher dans l’est de Paris, je publiais un deuxième article d’alerte (3). Dans ce papier, je revenais sur la tuerie du jeudi 8 janvier, à Montrouge, une banlieue située à l’entrée de Paris. Amedy Coulibaly (qui sera identifié plus tard comme le preneur d’otage de l’épicerie cacher) était en voiture quand il a eu un petit accident. Pris de panique, il est sorti de son véhicule, il a attrapé sa kalachnikov et a tué une policière; avant de prendre la fuite. Selon plusieurs témoignages et documents que j’ai pu recueillir, j’ai pu prouver que Coulibaly avait très certainement pour intention de faire un carnage dans l’école juive de Montrouge, situé à 50 mètres de là où la policière a été tuée. Elle était en charge de la sécurité routière pour les enfants qui se rendaient à l’école, à 8h30 du matin. Sans cet accident, Coulibaly aurait probablement pris pour cible des enfants juifs. Mais une fois encore : personne n’a pris au sérieux mon information.
Alors, j’ai essayé de faire dans la symbolique et d’expliquer que « Je Suis Charlie » s’écrit en hébreu: אני שארלי. Avec les lettres identiques, dans un autre ordre, on obtient Je Suis Israël: אני ישראל. Mais cela « ne veut rien dire » pour des Français qui ne comprennent pas nos pictogrammes et l’importance de mon message : « ceux qui s’attaquent à Charlie s’attaquent aussi au peuple d’Israël. »
Finalement, une épicerie cacher a été prise pour cible. Et des juifs sont morts. Ils faisaient leurs courses avant l’entrée de Shabbat. Ils sont morts parce que juifs. Mais dans l’esprit des français non-juifs, j’ai le sentiment que cela ne change rien. On ne verra jamais les Français ou les autres nations choisir pour hashtag : « je suis Ilan Halimi » ou « je suis la famille Fogel » (massacrée à Itamar) ou « je suis la famille Sandler » (massacrée à Toulouse). On ne verra pas non plus les peuples non-juifs descendre dans la rue pour manifester leur solidarité à notre encontre, comme ils l’ont fait à travers le monde pour Charlie. Ils descendront dans les rues, mais pas pour les juifs…
Les juifs, qu’on le veuille ou non, sont aux yeux des Nations, des juifs avant d’être des citoyens français.
Alors quand j’entends des juifs me dire : « au moins, avec ces attentats, peut-être que les Français vont comprendre, » je réponds non. Les Français ne peuvent pas comprendre. Les juifs peuvent crier, alerter, prévenir autant qu’ils le veulent : leurs paroles sont identiques aux ultrasons des dauphins : inaudibles pour les autres nations.
Jonathan-Simon Sellem ©JSSNews

Ce soir cependant, j’ai une pensée émue pour les policiers qui étaient prêts à sacrifier leurs vies pour en sauver d’autres. Et j’ai une pensée encore plus forte pour Clarissa Jean-Philippe, la policière de Montrouge qui a certainement sauvé de nombreuses vies d’enfants juifs innocents, sans même le savoir. Que son histoire serve d’exemple et permette à la France de comprendre enfin pourquoi les juifs sont si nombreux à quitter Paris, Lyon ou Marseille pour le Canada, les Etats-Unis et surtout Israël.
Par Jonathan-Simon Sellem
article publié en hébreu sur Walla !
adaptation française JSSNews
L’auteur est journaliste et élu représentant des Français d’Israël

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