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par le Rav Shalom Arush / Breslev.co.il / Traduit de l’hébreu par Carine Illouz

Les instants magiques de Pourim

Après que les enfants d’Israël soient sortis d’Egypte dans un claironnement victorieux de sainteté, de miracles et de prodiges : ceux des dix plaies et de la célèbre ouverture de la mer rouge, qui ont permis une formidable révélation de la foi dans le monde ; quelqu’un décida de gâcher l’atmosphère particulière qui régnait alors… Il s’agit d’Amalek, ce peuple qui s’est soulevé et a appelé à contester l’existence du Créateur et à s’opposer à Son peuple.
Dans la paracha Zah’or, nous avons reçu l’ordre de nous souvenir de ce que nous a fait Amalek, ce même peuple qui est venu se battre contre Israël, refroidissant ainsi le fort enthousiasme qui animait le peuple après sa sortie d’Egypte. Le Créateur du monde dit à Moché : “Ecris cela en souvenir dans le livre, et dis à Josué que Je détruirai le souvenir d’Amalek de dessous les cieux”, et le verset s’achève sur le serment du Créateur : “Parce que la main du Trône plane sur la guerre du Créateur contre Amalek, de génération en génération”. Le Créateur a juré que son trône serait incomplet tant que le souvenir d’Amalek ne serait pas effacé.
Evidemment, ici se pose la question de savoir quelle est donc cette guerre qui se prolonge au fil des générations ? Il est en effet clair qu’il n’est pas question d’une guerre physique/matérielle, car qui pourrait faire la guerre au Créateur du monde ? Le Créateur aurait-il la moindre difficulté à éliminer tout Amalek en un seul instant ? Il est clair qu’on parle ici d’une guerre spirituelle et le Saint, béni soit-Il, nous ordonne –en tant que Ses fidèles soldats : “Levez-vous contre le souvenir d’Amalek, n’oubliez-pas !” Il s’agit de l’impureté d’Amalek que nous devons éliminer de nous-mêmes et du monde entier.
Amalek est le symbole de l’hérésie et la guerre contre Amalek consiste à déraciner l’hérésie de notre cœur et du monde entier. Donc l’essentiel de la soumission d’Amalek lors de la première guerre eut lieu lorsque Moché Rabénou monta en haut de la colline et pria : “Que ses mains soient foi”. Les commentaires expliquent que le sens du mot foi, c’est prière : c’est en fait un seul et même concept, et la victoire de tout le peuple dépendait de Moché, car les justes éclairent le peuple d’Israël de la lumière de la foi et de la prière, et ils éliminent l’obscurité et l’hérésie. Donc, même lorsque l’on parle de la guerre contre Amalek de génération en génération, chacun doit savoir qu’il s’agit de mériter d’avoir une foi complète et d’effacer toutes les pensées hérétiques, à chaque seconde qui passe. Et l’essentiel de la guerre que le Créateur livre à Amalek se fait à travers les justes qu’Il nous envoie à chaque génération, eux qui nous enseignent la foi et la raison, la façon de prier et de multiplier les prières. C’est cela, soumettre l’impureté d’Amalek.
Et puisque ce n’est pas un commandement d’une fois dans l’année, mais un souvenir de chaque jour, chaque personne doit acquérir la foi. Il faut rejoindre les rangs de l’armée du Créateur dans cette guerre, avec pour symbole : la prière dans l’isolement ! Trois fois par jour, nous demandons : “Rapproche-nous, notre Roi, de Ton service”, nous voulons être proches du service du cœur : la prière, qui est le travail principal et le but de l’homme. Mais c’est tellement douloureux de constater ce que la Guemara écrit : “Quelles sont les choses les plus importantes au monde, que les hommes dédaignent pourtant ?” Et Rachi de répondre : c’est la prière.
Cela fait de la peine de voir que des gens ne s’investissent pas dans ce dont tout dépend : la foi et la prière. Puisque toute la Torah et les commandements dépendent de la foi, comme le dit la Guemara : “Habacuc vint et déclara : le juste vivra par sa foi”. Pourquoi nous dévoile-telle cela ? Pour que l’on sache investir nos forces au bon endroit. Foi et prière ne font qu’une, et une personne qui n’investit pas encore ses forces dans la prière doit savoir qu’elle est sous l’emprise de l’impureté d’Amalek. Un homme qui raccourcit ou se dépêche dans sa prière, c’est l’impureté d’Amalek. La foi et la prière sont une occasion extraordinaire d’entretenir un lien direct avec le Créateur du monde, de Lui parler et d’attirer l’abondance sur soi et sur le reste du monde, alors pourquoi se presser ? Pourquoi raccourcir ? Il faut vouloir se languir, prier et chanter, remercier et louer le Créateur. Et tant qu’on est encore loin de ce niveau, on est la cause d’un terrible exil et du renouvellement de l’impureté d’Aman Amalek. Le Créateur Se bat là-dessus de génération en génération, et son trône reste incomplet tant que des gens vivent encore sans foi, sans prière, des choses qui devraient faire partie intégrante de leur vie, comme le dit le Roi David : “Et je suis prière”, tout mon “moi” et toute mon essence ne sont que prière.
“Et cela relève de l’effacement d’Aman Amalek” dit Rabbi Natan de Breslev, “car le Saint, béni soit-Il, a juré qu’Hachem n’est pas entier et que son trône est incomplet tant que le souvenir d’Amalek n’est pas effacé, car Amalek est la saleté du serpent, le mensonge, parce qu’il a contesté l’essentiel et il est le mauvais penchant dans la prière. Il domine essentiellement les faibles d’Israël, ceux dont la prière est faible… Et il fait tourner les mensonges, c’est-à-dire les pensées étrangères et les confusions, et ne laisse pas la personne prier. Ainsi, l’essentiel de la victoire sur Aman Amalek se fait par la prière” (Recueils de lois).
Une personne faible en prière est sous l’emprise d’Amalek. Mais une personne qui a une foi complète est proche de la prière et toujours forte. C’est la résurrection quotidienne de la force d’Amalek, qui se manifeste à l’homme pour qu’il ne prie pas. La guerre quotidienne contre Amalek doit cibler chaque chose qui nous éloigne de la prière et de la foi.
En plus de l’impureté d’Amalek, il y a aussi l’impureté d’Aman.
Aman l’impie a atteint des sommets dans tous les domaines de sa vie, mais à cause d’un juif qui ne se prosternait pas devant lui, il a déclaré “Tout ce que j’ai n’a pas de valeur à mes yeux”. Le signe qui permet de savoir si l’impureté d’Aman contrôle l’homme est de voir s’il est toujours dans la joie, une joie parfaite, ou non. Car tant que l’homme est animé par ce sentiment de “tout cela ne vaut rien à mes yeux”, il n’est pas en mesure de se réjouir de quoi que ce soit. Et même s’il fait de bonnes actions, tant que ses manques le titillent, il n’est pas en mesure de s’en réjouir. Il vit en permanence avec cette sensation de “ça ne vaut rien”, et ne sait donc pas apprécier le mérite qu’il a de pouvoir faire des mitsvotes, des actes de bontés, même les plus petits.
A Pourim, le jour où l’impureté d’Aman Amalek cède et s’annule, la lumière de la prière éclaire plus que n’importe quel autre jour de l’année, et ceci est abordé dans les écrits de nos sages à propos de la mitsva des cadeaux aux pauvres “Tout celui qui tend la main et mendie, on lui donne”. Et le secret est que, dans le ciel également, on se comporte de la sorte le jour de Pourim : toute personne qui tend la main et demande, et encore plus celle qui s’obstine dans sa prière, aura forcément le mérite de voir des miracles et réussira à annuler tous les mauvais décrets ! Couple, enfants, santé, guérison etc… L’essentiel est de prier pour mériter de servir Hachem avec foi et pour être complètement sauvé de l’impureté d’Aman Amalek.
Nous disposons de 24 heures en ce jour unique et extrêmement propice, duquel les sages disent que même Yom Hakipourim n’est que “kipourim”, c’est-à-dire “comme Pourim”, on a donc tout intérêt à profiter de cette journée au maximum. Et puisque nous sommes tous occupés, le jour de Pourim, par les mitsvotes de ce jour, par le repas et la joie, le meilleur moment pour prolonger ses prières et supplier le Créateur est la nuit de Pourim.
Les portes du ciel sont ouvertes, ne ratez pas l’occasion de vivre les moments magiques de la fête la plus spéciale de l’année ! Et D.ieu fasse que nous puissions rabaisser complétement l’impureté d’Aman Amalek, grâce à la lumière de notre prière, de la foi et de la joie de Pourim, et que cette joie se prolonge toute l’année, amen !

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